Le climat de Montréal ressemblera à celui de Philadelphie dans 60 ans
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Le climat de Montréal ressemblera à celui de Philadelphie dans 60 ans

«Si la tendance se maintient», le climat à Montréal dans 60 ans pourrait ressembler à peu près à celui d’aujourd’hui à Philadelphie, à 700 km plus au sud.

Et il pourrait faire aussi chaud à Québec que dans le sud-ouest de l’Ontario, sur les bords du lac Érié.

Un chercheur de l’Université du Maryland a publié mardi une carte interactive qui prédit grosso modo les changements climatiques dans 530 villes des États-Unis et une dizaine de villes au Canada, à partir de données météorologiques déjà disponibles. Matt Fitzpatrick prédit en fait à quelle ville pourrait se comparer chacune d’entre elles en 2080.

«La question de base à laquelle nous voulions répondre est: de quoi Toronto ou Edmonton auront l’air si certaines de ces prévisions se réalisent comme nous l’anticipons?», a expliqué M. Fitzpatrick en entrevue.

Les scientifiques présentent souvent des chiffres, mais le chercheur a voulu aller un peu plus loin.

«Je travaille avec ces données tout le temps, mais je n’ai aucune idée ce que cela signifie pour l’endroit où je vis. Comment mon climat va-t-il changer?», a-t-il soutenu.

M. Fitzpatrick prévoit ainsi qu’à Montréal, le climat ressemblera à celui de Chester, une petite ville au sud-ouest de Philadelphie où il fait aujourd’hui 4,2 degrés de plus l’été en moyenne, et où les précipitations sont plus abondantes de 12 pour cent.

Les hivers à Québec seront comparables à ceux de Chatham, près de Detroit: on gagnera 7,3 degrés et on aura 30 pour cent moins de précipitations. À Ottawa, on gagnera 3,3 degrés l’été et on se croira comme à Chicago aujourd’hui. À Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, les étés seront plus chaud en moyenne de 4,8 degrés, comme actuellement à Long Island, New York — à 850 km au sud.

À Vancouver, on se croira à Seattle, et Calgary aura l’air de Spearfish, à 1300 km au sud-est, dans le Dakota du Sud.

Pour chacune des villes, M. Fitzpatrick a utilisé 26 modèles climatiques pour déterminer ce à quoi ressemblera le climat en 2080. Il a étudié un scénario de statu quo, et un scénario dans lequel les émissions de gaz à effet de serre diminueraient.

M. Fitzpatrick admet que ses analogies sont simplistes: elles ne tiennent pas compte des conditions météorologiques exceptionnelles, et le climat dans certaines villes ne ressemblera à rien de ce qui prévaut actuellement.

«Nous devons ignorer les complexités de la fréquence accrue et de la magnitude des événements extrêmes», a-t-il expliqué.

Vancouver était la ville canadienne qui avait la comparaison la plus approximative. Calgary était la plus exacte.

Cette approche, qui a été utilisée en Europe et en planification de la conservation, a toutefois un grand mérite du côté de la communication, a indiqué M. Fitzpatrick.

Selon lui, elle souligne l’importance de l’atténuation des émissions de GES. Avec une réduction des émissions, Montréal aurait plutôt un climat qui se comparerait à celui de Niles, au Michigan, ville située bien plus au nord que Philadelphie.

En voyant les distances entre les villes, la carte permet de mesurer l’importance des changements climatiques.

«En général, c’est venu me chercher, la transformation spectaculaire du climat que les enfants d’aujourd’hui vivront», a-t-il soutenu.

«D’ici le moment où j’aurai des petits-enfants, s’ils vivent au même endroit que je vis maintenant, ils ne reconnaîtront pas le climat dans lequel je suis aujourd’hui. Ce sera une histoire du passé.»

On peut consulter la carte interactive ici: https://fitzlab.shinyapps.io/cityapp/