Procès Oland: un témoin-expert remet en doute la thèse de la défense
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Procès Oland: un témoin-expert remet en doute la thèse de la défense

SAINT-JEAN, N.-B. — Un expert des tours de téléphonie cellulaire a déclaré qu’il était peu probable que le téléphone portable de Richard Oland ait été dans son bureau de Saint-Jean lorsqu’il a reçu un dernier message texte, le jour de la mort du multimillionnaire.

Joseph Sadoun, ingénieur consultant pour des entreprises de téléphonie mobile, a indiqué mardi lors du procès de Dennis Oland que les téléphones cellulaires communiquent avec les tours qui émettent les signaux les plus puissants, et généralement les plus proches.

Le 6 juillet 2011, le jour où Richard Oland a été battu à mort dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean, le dernier message transmis à son téléphone à 18 h 44 a envoyé un signal à Rothesay, une cité dortoir en périphérie de Saint-Jean, où le fils unique de Richard Oland, Dennis, vit.

Dennis Oland a déclaré à la police qu’il avait quitté le bureau de son père vers 18 h 30, le 6 juillet, pour se diriger chez lui. Il est la dernière personne connue à avoir vu son père en vie.

Si les preuves fournies par le téléphone portable sont exactes, cela laisse croire que l’iPhone de Richard Oland avait peut-être quitté le bureau et qu’il se trouvait à Rothesay, à peu près au même moment que Dennis Oland. Les procureurs suggèrent que M. Oland, pour une raison quelconque, a pris le téléphone de son père sur les lieux du crime.

Le téléphone cellulaire était le seul objet qui avait été pris dans le bureau où Richard Oland avait été tué, en dépit de nombreux objets de valeur sur les lieux. Il n’a jamais été retrouvé.

Le procureur de la Couronne, Derek Weaver, a demandé à M. Sadoun quelle était la probabilité que le téléphone ait été dans le bureau de Richard Oland, lorsque le dernier message texte est arrivé.

«La probabilité est très faible», a-t-il répondu.

Mais la «très petite» chance a permis à l’avocat de la défense, Michael Lacy, de faire valoir qu’il était toujours possible que des tours, autres que celles les plus proches, puissent faire des appels ou envoyer des messages.

«La réalité est souvent l’exception à la généralité», a déclaré M. Lacy dans son contre-interrogatoire de M. Sadoun.

Le dernier message reçu par le téléphone de Richard Oland provenait de Diana Sedlacek, la femme avec laquelle il avait une liaison. «Es-tu là?», avait-elle écrit. On ne lui a jamais répondu et le iPhone s’est essentiellement perdu.

Il s’agit d’un enjeu essentiel pour les procureurs, qui utilisent des enregistrements de téléphone portable pour prouver que Richard Oland était mort lorsque son fils a quitté le bureau ce jour-là, vers 18 h 30.

Dennis Oland, un conseiller en investissement, a été inculpé du meurtre non prémédité de son père. Il a été reconnu coupable du crime par un jury en 2015, mais ce verdict a été annulé en appel et un nouveau procès — cette fois devant juge seul — a été ordonné.

Le procès devrait durer jusqu’à la mi-mars.