Élections présidentielles: des observateurs canadiens arrivent en Ukraine
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Élections présidentielles: des observateurs canadiens arrivent en Ukraine

OTTAWA — Les premières vagues d’observateurs canadiens sont arrivées en Ukraine, alors que les inquiétudes grandissent face à l’ingérence de la Russie en vue du scrutin présidentiel du 31 mars.

Ces missions d’observateurs visent à préserver la capacité de l’Ukraine à mener des élections démocratiquement saines, et contrer les efforts russes visant à dépeindre le pays comme étant mal dirigé et corrompu.

La crise remonte à l’annexion par le Kremlin de la péninsule de la Crimée en Ukraine en 2014 et à son soutien aux milices séparatistes russes de l’est de l’Ukraine.

Le Canada et ses alliés de l’OTAN considèrent que les actions de la Russie, appuyées par le président Vladimir Poutine, constituent une violation des frontières de l’Europe. Ils ont donc renforcé la présence militaire de l’alliance des 28 pays dans plusieurs pays d’Europe orientale.

Maintenant que la campagne électorale présidentielle passe en vitesse supérieure, le gouvernement Trudeau suit les traces des gouvernements conservateurs et libéraux précédents en envoyant une mission d’observation bilatérale dirigée par le Canada. Elle est organisée par le Canada et l’Ukraine, et contribue aussi à une mission multinationale menée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Les missions de surveillance de l’OSCE sont généralement considérées comme la norme d’excellence en matière de surveillance internationale d’élections. La décision du Canada d’envoyer des missions d’observation distinctes est unique et a suscité des controverses au fil des ans. De nombreuses évaluations internes du gouvernement ont révélé que les missions étaient problématiques ou trop onéreuses.

Cela n’a pas empêché les gouvernements libéraux et conservateurs d’appuyer ces missions, ce qui a suscité des craintes selon lesquelles ils faisaient simplement de la politique pour obtenir le soutien des quelque 1,3 million de Canadiens de descendance ukrainienne.

Le dernier des 58 observateurs canadiens à long terme est arrivé en Ukraine mardi, selon des responsables. De ce nombre, 50 personnes font partie de la mission bilatérale dirigée par le Canada, qui ajoutera éventuellement 100 observateurs à court terme supplémentaires.

Les Canadiens font partie de la centaine d’observateurs à long terme et des 750 à court terme provenant de 13 pays qui participent à la mission de l’OSCE.

L’Ukraine a par ailleurs rejeté deux des observateurs russes proposés et le Kremlin a retiré sa demande de participer à la mission, a déclaré Thomas Rymer, porte-parole du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE.

Le Canada a pleinement soutenu cette décision d’empêcher les Russes de prendre part à la mission multilatérale, a affirmé un haut responsable du gouvernement canadien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Le chef de la cyberpolice ukrainienne a confirmé à l’Associated Press mercredi que des pirates informatiques russes intensifiaient leurs efforts pour tenter de pénétrer dans les systèmes informatiques de sa commission électorale centrale et manipuler des informations.