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Étude: 14% des saucisses contenaient des viandes ne figurant pas sur l’étiquette

Une étude financée par le gouvernement fédéral a révélé que des saucisses vendues dans des épiceries de plusieurs provinces contenaient de la viande non déclarée sur l’étiquette.

La recherche, menée par une équipe de l’Université de Guelph et commandée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), a porté sur 100 saucisses recueillies dans des épiceries à trois endroits différents en Ontario, au Québec et dans l’Ouest canadien. Toutes étaient étiquetées comme comportant un seul type de viande.

L’étude a montré que 14 pour cent des saucisses échantillonnées contenaient des viandes qui ne figuraient pas sur l’étiquette.

L’auteur principal, Robert Hanner, professeur agrégé à l’Institut de la biodiversité de l’Ontario de l’Université de Guelph, a dit croire que cela témoignait «d’une défaillance de la traçabilité et, le cas échéant, d’un risque potentiel pour la sécurité alimentaire».

M. Hanner avait réalisé une étude similaire il y a deux ans, selon laquelle 20 pour cent des saucisses échantillonnées avaient été mal étiquetées.

L’expert a ainsi souligné que cette nouvelle étude semblait montrer un pas «dans la bonne direction».

L’équipe a cherché les présences de bœuf, de porc, de poulet, de dinde, de cheval, de mouton et de chèvre dans les saucisses.

Par exemple, dans cinq échantillons de saucisses de bœuf, les chercheurs ont découvert que la viande de mouton représentait plus d’un pour cent du produit.

Des traces de mouton ont été découvertes dans 27 autres échantillons.

«Comment le mouton entre-t-il dans une quantité significative de ces produits, même à l’état de traces?, s’est demandé M. Hanner. Nous l’ignorons.»

L’étude a montré que quatre saucisses de boeuf avec du mouton contenaient également du porc, et qu’une contenait du poulet.

Parmi les 20 saucisses au poulet échantillonnées, l’une d’entre elles était principalement composée de bœuf. Une autre était également composée essentiellement de bœuf, avec 20 pour cent de dinde et moins de 5 pour cent de poulet.

Ces plus récentes découvertes — publiées dans le journal «Food Research International» — ont des répercussions sur le rappel d’aliments pour des motifs de sécurité sanitaire, a déclaré le chercheur.

«Si nous avons un lot de bœuf contaminé par E. coli, nous en ferons un rappel, mais s’il se retrouve dans des produits à base de viande de porc et d’autres sans que nous le sachions, nous ne serons pas en mesure de faire un rappel», a-t-il expliqué.

M. Hanner a déclaré que l’ACIA avait pris des «mesures de suivi» à la suite de la précédente étude, tout en disant ne pas en connaître les détails.

«La dernière fois, cinq saucisses à la dinde avaient été entièrement remplacées par du poulet et nous ne voyons aucune preuve de cela cette fois-ci, a-t-il indiqué. Ce problème semble être résolu, mais nous avons découvert d’autres problèmes, tels que le problème du mouton.»

L’ACIA n’a pas immédiatement répondu aux questions, mais a salué l’équipe de M. Hanner pour sa recherche de pointe qui utilise, entre autres méthodes, la technologie du codage à barres ADN pour déterminer le contenu des saucisses.