228 Canadiens coincés sur le «Grand Princess» sont de retour au Canada

BASE MILITAIRE DE TRENTON, Ont. — Près de 230 Canadiens ont entamé mardi matin une «quarantaine» de deux semaines à la base des Forces canadiennes de Trenton, en Ontario, après avoir été rapatriés d’un navire de croisière où on avait constaté une éclosion du nouveau coronavirus.

Un avion affrété par le gouvernement a ramené 228 Canadiens qui étaient passagers du navire de croisière «Grand Princess», accosté lundi en Californie, mais les 237 Canadiens à bord du navire n’étaient pas tous du voyage. Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré aux journalistes qu’une «poignée» de Canadiens qui étaient de l’équipage sont porteurs du virus responsable de la COVID-19, bien qu’il ait refusé de donner des chiffres plus précis.

Ces Canadiens resteront sur le navire, conformément au protocole convenu avec les responsables américains de la santé publique et les autorités locales aux États-Unis, a précisé M. Champagne à son arrivée à la réunion du cabinet, mardi matin à Ottawa. Certains autres Canadiens sont restés en Californie pour des raisons de santé sans rapport avec le virus, a-t-il dit.

Le paquebot «Grand Princess» transportait 3500 passagers et membres d’équipage. Il a accosté lundi dans le port d’Oakland après avoir été obligé de mouiller au large des côtes de la Californie pendant des jours, car on signalait à son bord plus de 20 cas de COVID-19.

La directrice de l’Agence de santé publique du Canada, la docteure Theresa Tam, a recommandé lundi que les Canadiens évitent tout voyage en bateau de croisière, puisque le confinement et les interactions fréquentes peuvent favoriser la propagation de la maladie. Le département d’État américain avait émis dimanche un avis semblable aux citoyens des États-Unis.

C’est le gouvernement des États-Unis qui avait demandé au Canada de récupérer ses ressortissants sur le «Grand Princess». Le rapatriement a été salué par les dirigeants des deux pays, dont le président américain Donald Trump, qui a qualifié l’opération de «très digne».

Lors d’une réunion à la Maison-Blanche, mardi matin, il a remercié le Canada et le Royaume-Uni pour leur aide dans le rapatriement de leurs ressortissants. «Nous apprécions toute l’aide que nous avons eue à cet égard, et cela fonctionne très bien», a déclaré M. Trump. Le premier ministre Justin Trudeau, quant à lui, a remercié sur Twitter le personnel consulaire canadien et les responsables américains qui ont aidé tous ces passagers à rentrer au Canada.

Réponse coordonnée

Pendant ce temps, les autorités canadiennes tentent d’élaborer une réponse coordonnée à la COVID-19, qui a infecté plus de 100 000 personnes dans 100 pays à travers le monde. La vice-première ministre Chrystia Freeland a écrit aux provinces et aux territoires pour leur demander d’informer le gouvernement fédéral de leur état de préparation et de toute pénurie à laquelle ils sont confrontés avant la réunion des premiers ministres de vendredi à Ottawa.

Le Canada comptait au moins 79 cas confirmés de maladie respiratoire à COVID-19 mardi matin: 36 en Ontario, 32 en Colombie-Britannique (dont un mort), sept en Alberta et quatre au Québec. Le Canada a enregistré lundi son premier décès lié à la COVID-19: un octogénaire décédé dimanche soir dans un centre de soins de longue durée de North Vancouver deux à trois jours après l’apparition des premiers symptômes.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a cherché à rassurer les investisseurs nerveux, lundi, affirmant que l’économie canadienne pouvait résister aux impacts économiques du nouveau coronavirus.

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, a rappelé mardi matin que le coronavirus pourrait être un enjeu pour le secteur agricole, parce qu’il pourrait compliquer la facilité de déplacements des travailleurs étrangers temporaires — qui jouent un rôle crucial dans le secteur maraîcher.

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