50 % de doses de vaccins Pfizer de moins en moyenne pour quatre semaines

OTTAWA — Le Canada recevra 50 % moins de doses de vaccins Pfizer en moyenne pour les quatre prochaines semaines, le temps que l’entreprise pharmaceutique procède à des travaux d’agrandissement dans son site de production en Europe.

Pfizer en a informé le gouvernement canadien jeudi soir. Plusieurs pays européens, eux aussi touchés par ces délais de livraisons, ont dénoncé le préavis très court. Les États-Unis ne sont pas touchés par cette décision, puisque Pfizer produit le vaccin aussi chez eux. 

Au Canada, ces délais vont affecter les livraisons pour les quatre prochaines semaines à différents niveaux. 

Au Québec, le nombre de doses qui devaient être livrées d’ici le 8 février sera effectivement coupé de près de la moitié.

Selon un communiqué du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, la décision de Pfizer fait en sorte que 86 775 des 176 475 doses qui étaient prévues d’ici le 8 février ne pourront être livrées. 

Cette diminution des arrivages implique une révision des objectifs présentés ces derniers jours, a indiqué le ministère sur son site, vendredi en fin de journée.

«Les équipes du MSSS travaillent activement à établir une nouvelle planification de la distribution des doses en conséquence, selon les priorités de vaccination établies», a-t-on fait valoir.

Le ministère a rappelé qu’au Québec, 127 073 doses de vaccin ont été administrées jusqu’à maintenant, dont 27 654 auprès des résidents de CHSLD, ce qui représente près de 65 % des personnes hébergées. Du côté du personnel soignant, ce sont 94 318 personnes qui ont été vaccinées, sur 325 000.

«Il y aura un impact minimal la semaine prochaine. Cependant, l’impact le plus profond se fera sentir lors de la dernière semaine de janvier», a précisé le major général Dany Fortin, responsable de la distribution au pays.

M. Fortin a précisé que le Canada ne recevra qu’environ le quart des doses de Pfizer prévues dans la dernière semaine de janvier. 

Le Canada devrait recevoir environ la moitié et les deux tiers des doses prévues pour la première et la deuxième semaine de février, respectivement, a-t-il ajouté. 

«Ça fait mal maintenant, mais ça va s’améliorer de façon significative», a assuré M. Fortin, notant que le Canada s’attend toujours à recevoir les quatre millions de doses de Pfizer prévues d’ici la fin du mois de mars. 

Plus tôt en journée, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, a soutenu que cette situation n’affectera pas l’objectif du Canada de vacciner l’ensemble de sa population d’ici la fin du mois de septembre. 

Le premier ministre Justin Trudeau a aussi tenté de se montrer rassurant. 

«C’est une situation hors de notre contrôle, mais on se souvient que c’est pour ça que le Canada est devenu le pays qui a le plus de doses réservées par personne au monde. (…) On a une marge de manoeuvre», a-t-il dit, devant sa résidence de Rideau Cottage. 

Du côté de Québec, on indique aussi que le ralentissement temporaire de la production de Pfizer «ne fait que renforcer ce choix» d’attendre jusqu’à 90 jours pour administrer la deuxième dose de vaccin. 

«La stratégie demeure la même: on doit donner un coup de barre dès maintenant et vacciner le plus de personnes vulnérables et de travailleurs de la santé possible, le plus rapidement», a affirmé Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux.

10 000 cas par jour d’ici février?

L’Agence de la santé publique du Canada présentait ses plus récentes projections; il est estimé que le nombre de cas pourrait dépasser 10 000 par jour d’ici le début du mois de février, si les contacts restent au même niveau. 

Il s’agit environ du même nombre qui était prévu lors de la dernière projection de la santé publique pour le début du mois de janvier. Or, le Canada a plutôt vu 7900 cas en moyenne dans les sept derniers jours. 

Les provinces les plus affectées par la hausse des cas ont récemment mis en oeuvre des mesures plus strictes. Québec a mis en place un couvre-feu à compter de 20h tous les jours; l’Ontario a émis un ordre de rester à la maison. 

Les administrateurs de la santé publique ont réitéré, dans leur présentation, que «des mesures rapides, fortes et soutenues sont nécessaires pour interrompre la croissance rapide et maintenir le contrôle de la COVID-19».

Ils soutiennent que les contacts ont augmenté pendant la période des Fêtes et qu’il faudra attendre encore un peu avant de voir l’effet des mesures plus strictes du Québec et de l’Ontario sur le nombre de cas au pays. Ils ont appelé la population à ne pas laisser tomber ses efforts. 

«On voit que les Canadiens sont fatigués, je pense qu’ils sont tannés des consignes de santé publique. (…) Notre hiver (est) long et dur, mais il faut continuer parce que les vaccins sont une lueur d’espoir, mais ils ne vont pas avoir un impact immédiat», a déclaré Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique. 

D’autres vols interdits?

Le Canada étudie l’option d’interdire de nouveau les vols en provenance de certains pays afin d’éviter la transmission de variants du coronavirus. 

Le premier ministre Trudeau n’a pas indiqué quels pays seraient sur cette liste, se contentant plutôt de dire que son gouvernement ferait «tout ce qu’il faudra» afin de protéger les Canadiens selon les avis des experts. 

À la fin décembre, le Canada avait suspendu les vols en provenance du Royaume-Uni en raison d’un nouveau variant là-bas; cette suspension a été levée début janvier avec l’obligation de présenter un test négatif de COVID-19 pour rentrer au pays. 

M. Trudeau a réitéré qu’il était fortement recommandé de ne pas voyager à l’international; une recommandation qui n’a pas été respectée par certains politiciens, notamment de son propre parti, dans les derniers mois. 

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