Situation «extrêmement difficile» pour les producteurs de porcs

QUÉBEC — Les éleveurs de porcs sont dans une situation «extrêmement difficile», reconnaît le gouvernement Legault. 

À une question de l’opposition sur la situation de l’industrie porcine jeudi, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a indiqué que 712 producteurs sont confrontés à de sérieux problèmes financiers. 

Mais par la suite son cabinet a dû corriger le tir: «il y a eu confusion à l’oral», a précisé le directeur de cabinet adjoint au ministère, Jean-Bernard Marchand, car il y a 712 entreprises agricoles de tous types qui sont en difficulté financière actuellement «à très très court terme», pas seulement des entreprises porcines.

Il n’en reste pas moins qu’«en bout de ligne, aujourd’hui, c’est extrêmement difficile» pour la filière porcine, a concédé le ministre. 

De plus en plus d’acteurs de cette industrie, très dépendante de l’exportation, tirent en effet la sonnette d’alarme. Les marchés sont en pleine restructuration depuis la pandémie. 

«Le propre de cette industrie, c’est l’exportation», a reconnu le ministre. 

«Moi, je l’invite à en faire davantage pour essayer d’en faire un peu plus pour le Québec, mais au départ, on produit davantage que ce qu’on consomme au Québec.»

La Financière agricole a pour sa part versé pas moins de 240 millions $ l’an dernier aux producteurs de porcs. L’opposition s’inquiète de la réduction du financement accordé cette année à l’organisme et que son plafond annuel à 650 millions $ nuise à sa capacité d’indemnisation de tous les producteurs adhérents. 

«Vous le savez, tout le monde le sait qu’il va y avoir un gros, gros, gros montant de ces 650 millions $ qui ira aux producteurs de porcs», a soulevé le porte-parole libéral en matière d’agriculture, André Fortin.

«En aucun temps il y a eu des indications selon lesquelles ce plafond sera excédé et que la Financière ne pourra pas honorer ses engagements», a répondu le ministre. 

«Vous n’avez aucune idée de ce que sera la demande d’indemnisation dans le (domaine du) porc cette année, alors je ne vois pas comment vous pouvez nous dire qu’on en aura assez», a conclu le député libéral.

Le PLQ a en outre déploré que même les jeunes producteurs de porcs songent à jeter l’éponge. 

«Je vois des producteurs qui s’appellent Kevin, Mathieu, Guillaume, qui sont en train de mettre la clé sous la porte, ce ne sont pas des Alfred, Albert, Norbert», a imagé M. Fortin. 

«Ce sont des gens d’une jeune génération qui prennent cette décision. (…) Ils ne voient pas la lumière au bout du tunnel.»  

«Il y a une lumière au bout du tunnel, a rétorqué M. Lamontagne. On le voit sur les marchés.»  

Il y aurait ainsi une embellie «loin en avant» selon des données prévisionnelles, a-t-il assuré. 

Les éleveurs de porcs en sont actuellement à préparer un «plan de retrait» pour les exploitants qui souhaitent quitter le milieu. Le ministre dit avoir passé «la consigne» pour que «le modèle et sa diversité» soient préservés et qu’on «prenne soin» des jeunes éleveurs.

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