80 morts dans une attaque terroriste: le Burkina Faso décrète deux jours de deuil

OUAGADOUGOU, Burkina Faso — Le président du Burkina Faso, Marc Christian Kaboré, a décrété un deuil national de 48 heures, mercredi, en mémoire des victimes de l’attaque terroriste qui a fait 80 morts la veille de Noël.

Selon un communiqué publié par le président Kaboré, un détachement militaire a été attaqué par des terroristes dans la ville d’Arbinda, dans la région du Sahel, près de la frontière avec le Mali.

Les attaques djihadistes sont fréquentes dans la région, mais le bilan provisoire publié mardi soir est sans précédent.

«Cette attaque barbare a entraîné la mort de 35 civils, pour la plupart des femmes», a déclaré le président, qui a ajouté que sept membres des forces de sécurité avaient été tués et que 80 terroristes avaient été «neutralisés».

L’attaque n’a pas encore été revendiquée. Un certain nombre de groupes terroristes islamistes sont actifs au Burkina Faso, bien qu’ils ne se manifestent généralement pas lorsque les pertes civiles sont élevées.

Pendant des années, le Burkina Faso a été épargné par les attaques observées de l’autre côté de la frontière, au Mali, où il a fallu une intervention militaire dirigée par les Français en 2013 pour déloger les djihadistes du pouvoir dans plusieurs grandes villes.

Mais la situation a changé après deux attaques meurtrières en 2016 et 2017 dans la capitale Ouagadougou, qui ont toutes deux ciblé des endroits populaires auprès des étrangers. Six Québécois sont morts sous les tirs des terroristes alors qu’ils mangeaient sur la terrasse du café Cappuccino en janvier 2016.

Au moins 37 civils ont été tués dans l’est du pays le mois dernier lorsque des djihadistes présumés ont tendu une embuscade à un convoi transportant des employés de la société minière québécoise Semafo.

Les attaques fréquentes dans le nord et l’est du pays ont déjà forcé le déplacement de plus d’un demi-million de personnes, selon les Nations unies.

Bien que l’armée du Burkina Faso ait reçu de l’aide de la France et des États-Unis, notamment en matière de formation, elle n’a pas réussi jusqu’à présent à endiguer la flambée de violence extrémiste.