À deux jours du scrutin, la nervosité gagne les caravanes électorales

La nervosité gagne les caravanes au fur et à mesure que s’approche le verdict final des électeurs québécois.

Parcourant des kilomètres et des kilomètres, les leaders des différents partis ont recommandé à leurs partisans ne de rien tenir pour acquis. Ils ont lancé des appels au vote, craignant que l’abstention apporte sur un plateau d’argent la victoire à un de leurs rivaux.

Un dernier sondage Léger/Journal de Montréal est venu confirmer la tendance lourde des derniers jours.

Si le Parti libéral et la Coalition avenir Québec demeurent au coude-à-coude dans les intentions de vote, la forte avance des troupes de François Legault au sein de l’électorat francophone pourrait leur faire envisager un lundi soir plus radieux que leurs adversaires.

Ainsi, dans ce sondage web réalisé du 24 au 27 septembre, 32 pour cent des répondants optaient pour la CAQ, contre 30 pour cent pour le PLQ, 19 pour cent pour le Parti québécois et 17 pour cent pour Québec Solidaire. Chez les francophones, l’avance des caquistes semble leur ouvrir les portes du pouvoir. Ils obtiennent 37 pour cent des appuis, loin devant les péquistes (24 pour cent), les solidaires (20 pour cent) et les libéraux (17 pour cent).

La marge d’erreur est de 2,7 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Sentant la soupe chaude, le chef libéral Philippe Couillard, qui a longtemps accusé François Legault d’être un souverainiste caché, lui reproche maintenant de ne pas être… nationaliste. 

Pourquoi ? Parce qu’il ne parle ni de culture, ni de l’accaparement des terres agricoles, et parce qu’il défend la gestion de l’offre «très tardivement et mollement».

M. Couillard laboure un très vaste terrain en espérant y récolter les fruits de la victoire. Il s’est même rendu jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine, une circonscription âprement disputée, selon diverses projections des analystes.

Le chef libéral a involontairement amusé les journalistes qui l’accompagnaient en commettant presque un lapsus. «François Legault) qui est à la veille… qui dit qu’il veut devenir premier ministre, personne ne soutient ses politiques».

Il leur a ensuite demandé de ne pas faire de «surlecture» de ce quasi-lapsus.

L’assurance de Legault

Nerveux en début de journée, M. Legault a semblé gagner de l’assurance au fil des heures.

Au cours d’un rassemblement électoral à Terrebone, samedi soir, il a lancé à ses troupes: «Lundi, marquons l’histoire!».

«Lundi, nous espérons transformer votre volonté de changement en un vote de confiance», a-t-il ajouté.

Plus tôt, il manifestait sa crainte d’un faible taux de participation qui pourrait permettre aux libéraux de demeurer au pouvoir.

«Il faut que les gens aillent voter massivement, a-t-il déclaré dans une mêlée de presse dans un verger samedi matin. Il faut que les caquistes aillent voter. Si les gens ne vont pas massivement voter, il y a un risque qu’il n’y ait pas de changement.»

Lisée ne baisse pas les bras

Malgré les sombres prévisions, le chef péquiste Jean-François Lisée refuse de baisser les bras et continue d’enchaîner les blagues.

Affirmant qu’il n’y a pas de risque à voter pour le Parti québécois, M. Lisée a invité ses partisans à convaincre deux ou trois indécis afin de renverser la vapeur.

Avec quels arguments ?

Selon lui, le PQ est «l’antidote» pour ceux qui craignent de perdre des services, a-t-il expliqué à des dizaines de militants s’étant levés tôt pour déjeuner avec le chef à Terrebonne, dans la couronne nord de Montréal.

«Il n’y a pas de risque avec le Parti québécois, parce qu’il n’y aura pas de compressions dans l’éducation, pas de compressions pour la santé, pour les aînés. Parce que notre cadre financier est le plus économe et il est le plus solide de tous les cadres financiers».

Adepte de la méthode Coué, M. Lisée a maintenu que son parti allait causer la surprise, lundi.

Un appel aux 18-34 ans

Québec Solidaire a lui aussi lancé un appel au vote, visant spécifiquement les électeurs âgés de 18 à 34 ans.

«Allez voter pour le parti qui propose le plan le plus sérieux pour lutter contre les changements climatiques, le grand défi de ma génération», a imploré samedi le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon divers sondages, Québec solidaire serait le choix le plus prisé parmi les 18-34 ans. Le défi du parti sera de traduire cette affection en votes réels dans les urnes.

M. Nadeau-Dubois dit remarquer que «le vent tourne» et affirme avoir confiance que les intentions de vote à l’égard de Québec solidaire ne s’effondreront pas le jour du vote, notamment en glissant vers les autres formations politiques dont les chances de former un gouvernement sont plus élevées dans les sondages.

«On est dans une élection très différente des autres. Québec solidaire est à des niveaux d’appuis historiques. Je suis confiant que ce phénomène ne se produira pas. Traditionnellement, c’est beaucoup plus tôt que les intentions de vote de Québec solidaire fléchissaient durant les campagnes électorales. On est à 48 heures du vote et on est encore en montée.»

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