À l’approche du 1er juillet, l’APCHQ craint une grève dans la construction

MONTRÉAL — Alors que les constructeurs de maisons et condominiums sont déjà confrontés à des hausses de prix et des matériaux difficiles à obtenir, l’APCHQ craint qu’une grève s’ajoute au casse-tête à compter de vendredi.

Le 1er juillet approche et les entrepreneurs du secteur résidentiel doivent livrer les maisons et condominiums à temps. 

«Cette année, c’est catastrophique: toutes les situations de délais, de retards; les matériaux sont terriblement difficiles à obtenir. On a beaucoup de soucis déjà. Alors, il ne faudrait pas ajouter à ça une grève», s’est exclamé en entrevue lundi François Bernier, vice-président aux affaires publiques à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

«C’est sûr que chaque jour compte. Le 1er juillet, c’est demain matin. Déjà, ça prend toute l’énergie du monde pour arriver à faire ce qu’on a à faire. On n’a pas besoin de grève. Comme n’importe quel aléa, on pourrait toujours survivre à une petite pause, mais on ne pourrait certainement pas tolérer un arrêt de travail important», ajoute-t-il.

Les négociations ont toujours cours entre les associations patronales — l’APCHQ est l’une des quatre — et l’Alliance syndicale, dont les cinq syndicats représentent les 190 000 travailleurs de l’industrie.

Mais la menace d’une grève à compter du 21 mai plane bel et bien, à moins que les négociations ne portent fruit d’ici là. Les conventions sont échues depuis le 30 avril et les travailleurs de la construction ne touchent pas d’augmentation de salaire rétroactive à la date d’échéance des conventions collectives, contrairement aux autres secteurs d’activité économique.

L’enjeu des applis mobiles

L’enjeu n’est pas salarial. Il porte sur le recours aux applications mobiles à télécharger sur le téléphone intelligent personnel du travailleur. 

Ces applications permettent d’enregistrer les heures d’arrivée et de départ du chantier, ainsi que les heures supplémentaires.

L’Alliance syndicale dit cependant craindre pour la vie privée des travailleurs, à cause de la géolocalisation et de l’accès aux données sur le téléphone personnel du travailleur.

M. Bernier accuse les syndicats de faire de la «désinformation» et assure que les craintes de l’Alliance syndicale sont «non fondées». Il assure que les entrepreneurs n’ont aucunement l’intention de suivre leurs employés à la trace avec la géolocalisation ou de s’intéresser à leurs données personnelles.

«C’est invraisemblable qu’on se ramasse en conflit pour une simple question de pointage électronique, sur une base irréelle. C’est un faux argument, une fausse crainte de mettre en jeu la vie privée», a conclu M. Bernier.

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