À peine 55 % des Québécois qui connaissent le rôle de l’UPAC ont confiance en elle

MONTRÉAL — À peine 55 % des Québécois qui connaissent le rôle de l’UPAC disent avoir confiance en elle, selon une enquête Léger.

Il s’agit là des réponses «assez» et «très» confiance additionnées.

C’est l’Unité permanente anticorruption elle-même qui a exposé les résultats de ce sondage, mercredi, au cours d’une conférence de presse pour présenter son rapport annuel de gestion pour 2020. 

Le Commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, s’est dit conscient de la pente à remonter dans l’opinion publique, pour l’UPAC, à la suite des dossiers fortement médiatisés, comme l’enquête Mâchurer et l’arrêt des procédures contre Nathalie Normandeau.

«L’UPAC a une côte à remonter dans la confiance de la population, mais j’estime qu’elle n’est pas insurmontable», a jugé M. Gaudreau.

Pour y parvenir, il souhaite notamment «rappeler notre indépendance du pouvoir politique» et mieux expliquer le rôle de l’UPAC et la différence avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui, lui, dépose les chefs d’accusation.

«L’opinion négative n’est pas cristallisée. Il y a moyen de travailler pour rétablir les ponts avec ceux qui ont peu de confiance. La confiance du public est évidemment l’un des points majeurs sur lesquels nous avons l’intention de travailler au cours des prochaines années.»

Corruption plus raffinée

De façon plus générale, M. Gaudreau estime que les modèles de corruption se sont raffinés depuis les cas révélés lors de la Commission Charbonneau sur les contrats publics dans l’industrie de la construction.

Il affirme ainsi voir moins de cas d’«enveloppes brunes» et de stratagèmes impliquant plusieurs acteurs, comme cela avait été vu à l’époque à Laval.

Vérification des enquêtes

Le commissaire a précisé que la vérification des enquêtes de l’UPAC déjà amorcées — une sorte de ménage qu’il avait demandé, lors de son arrivée en poste —   était toujours en cours.

«Ça se fait par étape» et tout dépend de l’envergure des dossiers, a-t-il souligné.

Il n’a pas voulu s’étendre sur l’arrêt des procédures contre Nathalie Normandeau, si ce n’est pour dire qu’il a lu plus d’une fois le jugement du tribunal et qu’ «en aucun temps, on ne remet en question l’enquête qui a été faite dans ce dossier-là. On remet en question, par contre, l’enquête sur les fuites — qui est une autre chose. Et c’est ça qui est venu sabrer, si on veut, le fait qu’on puisse aller à procès dans ce dossier-là», a conclu M. Gaudreau.

Quant à la longue enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec, elle est «toujours en cours», a indiqué le commissaire. 

«On met le maximum de ressources nécessaires selon les démarches d’enquête», ce qui peut signifier deux personnes une journée et 10 le lendemain, a-t-il affirmé.

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