À surveiller: pendant combien de temps Trump pourra-t-il prêcher la loi et l’ordre?

NEW YORK — Les campagnes présidentielles avancent à pleine vapeur. Voici les éléments à surveiller au cours de la prochaine semaine.

Jours avant le scrutin: 56

Jours avant le premier débat: 21

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LA TRAME DE FOND

Le président Donald Trump et le candidat démocrate Joe Biden intensifient leurs voyages cette semaine, alors que le processus de vote s’accélère. La Caroline du Nord a commencé à envoyer des bulletins de vote par correspondance vendredi dernier et une poignée d’autres États cruciaux – y compris la Pennsylvanie, le Michigan et la Virginie – sont à quelques jours du vote anticipé.

Alors que cette phase critique commence, M. Trump veut désespérément qu’on continue à parler de la violence liée aux manifestations – et le moins possible de la pandémie. Alors même que les décès liés au coronavirus continuent de s’accumuler sous sa gouverne, avec une stratégie nationale pratiquement inexistante, son équipe pense que la semaine dernière a été l’une des meilleures de l’année pour ses perspectives politiques, car il a attiré l’attention du pays sur les manifestations violentes au Wisconsin et ailleurs, ce qui pourrait renforcer sa position parmi les électeurs blancs de banlieue.

Alors que M. Biden maintient son avance dans de nombreux sondages, la course reste compétitive dans les États qui compteront le plus cet automne. Les alliés de M. Biden dans des endroits comme la banlieue de Minneapolis et l’ouest de la Pennsylvanie lui demandent de renforcer sa présence sur le terrain.

Le jour du scrutin arrive à grands pas. Cela intensifie l’attention nationale – et rend les erreurs des candidats plus dangereuses – au fur et à mesure que chaque jour passe.

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LES GRANDES QUESTIONS

Combien de temps Trump pourra-t-il faire campagne sur la loi et l’ordre?

La sécurité publique était le thème dominant de la campagne électorale la semaine dernière, quand les deux candidats se sont rendus à Kenosha, dans le Wisconsin, le dernier épicentre des troubles civils en Amérique.

L’équipe Trump pense que l’accent mis sur la violence liée aux manifestations est un élément gagnant pour lui, et il continuera à surfer sur cette vague aussi longtemps qu’il le pourra, mais il est loin d’être certain que le problème aura la même résonance dans les jours et les semaines à venir.

L’équipe Biden a commencé la semaine sur l’offensive, quand la candidate à la vice-présidence Kamala Harris a rencontré lundi la famille de Jacob Blake, l’homme noir touché de plusieurs balles dans le dos par la police de Kenosha le mois dernier.

Alors que les enjeux politiques sont délicats pour les deux camps, du moins pour le moment, aucune des deux campagnes n’est prête à reculer.

M. Biden est-il vraiment de retour en campagne?

Il a officiellement renoué avec la campagne en personne la semaine dernière, mais il est fort douteux que le candidat démocrate revienne jamais au genre d’activité que nous avons l’habitude de voir de la part des candidats à la présidentielle dans les semaines avant les élections. Après s’être présenté en Pennsylvanie lundi, il fera campagne dans le Michigan mercredi et retournera en Pennsylvanie vendredi pour commémorer les attentats du 11 septembre.

Jusqu’à présent, les événements de M. Biden ont été extrêmement modestes, étroitement contrôlés et dépourvus d’interaction significative avec les électeurs, bien qu’il parle directement aux électeurs plus souvent que M. Trump. Il a prononcé trois discours la semaine dernière sans la moindre foule, à l’exception d’une poignée de journalistes. M. Biden et sa femme Jill n’ont rencontré que trois personnes à un arrêt dans le Wisconsin, et même lorsqu’il a fait un arrêt impromptu dans une caserne de pompiers de la région de Pittsburgh pour poser pour une photo, il n’y avait qu’une douzaine de personnes sur place.

M. Biden, bien sûr, procède avec une extrême prudence alors que le pays continue de lutter contre une pandémie qui a fait environ 190 000 morts aux États-Unis et dont la fin n’est pas pour demain. Mais il convient de noter les limites strictes qu’il s’impose alors que sa campagne vise à dynamiser les électeurs des États clés derrière sa candidature.

M. Trump fait généralement fi des recommandations de distanciation sociale lorsqu’il accueille des rassemblements plus traditionnels de milliers de partisans, dont la plupart ne portent pas de masques.

Qu’entendrons-nous le 11 septembre?

MM. Trump et Biden se rendront à Shanksville, en Pennsylvanie, vendredi pour commémorer l’anniversaire des attentats du 11 septembre sur le site où s’est écrasé le vol United 93 en 2001. Règle générale, l’anniversaire des attaques les plus meurtrières jamais perpétrées en sol américain est un jour solennel où les politiciens mettent la politique de côté et mettent l’accent sur l’unité nationale. Mais ce n’est pas une élection typique.

M. Trump, en particulier, a témoigné de peu de respect pour les normes politiques ou les appels à l’unité. Et il convient de noter que les deux candidats seront dans la même ville le même jour, bien qu’il ne soit pas clair s’ils auront une interaction directe.

Néanmoins, l’événement offre l’occasion de mettre en valeur les différences de style et de politique lorsqu’il s’agit de diriger l’armée du pays. M. Trump, bien sûr, tente toujours de se soustraire aux retombées des informations explosives qui ont circulé la semaine dernière, selon lesquelles il aurait fait des commentaires irrespectueux concernant des soldats tombés au combat lors d’un voyage à l’étranger en 2018. Il affirme qu’il s’agit d’une «fausse histoire».

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LE MOT DE LA FIN

Avec le début de la phase de vote par anticipation, le moment est bien choisi pour rappeler à tout le monde à quel point cette élection est toujours serrée.

L’avance nationale de M. Biden est peut-être stable, mais les élections américaines ne sont pas décidées par le vote populaire national. En regardant les quelques sondages récents dans les États cruciaux qui correspondent à nos normes, M. Biden est statistiquement à égalité avec M. Trump en Floride, en Caroline du Nord et en Pennsylvanie. Il a un avantage dans le Wisconsin, mais dans le Michigan, où une grande partie du monde politique estime que M. Trump est cuit, il n’y a pas eu de sondage public conforme à nos normes depuis un mois.

N’oublions pas les leçons de 2016: personne ne sait comment ça va finir.

Steve Peoples, The Associated Press


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