À SURVEILLER: Un débat qui pourrait relancer Trump?

Plus que 15 jours avant l’élection générale. Voici quelques éléments à surveiller au cours de la prochaine semaine.

NEW YORK — Les campagnes présidentielles avancent à pleine vapeur. Voici quelques éléments à surveiller au cours de la prochaine semaine.

Jours avant l’élection générale: 15

Jours avant le prochain débat présidentiel prévu: 3

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LA TRAME DE FOND

Le président Donald Trump envisage ouvertement une éventuelle défaite, et le candidat démocrate Joe Biden demande à ses partisans de ne pas pécher par excès de confiance lors des derniers jours de la campagne.

Quelque 22 millions d’électeurs se sont déjà exprimés et l’avantage de M. Biden à l’échelle nationale semble plus solide que jamais. Son avance recule un peu dans quelques États cruciaux comme la Floride, mais il contraint M. Trump à se défendre dans des États comme l’Iowa et la Géorgie où les démocrates ne croyaient avoir aucune chance il y a six mois.

Sur le terrain, M. Trump continue d’attirer des foules énormes qui rappellent les derniers jours de la campagne de 2016. Pour sa part, M. Biden continue à faire preuve de prudence et à respecter les directives de distanciation des Centers for Disease Control and Prevention. L’arrivée dans la campagne de l’ancien président Barack Obama au cours des prochains jours devrait lui donner un coup de pouce.

Mais c’est le dernier débat présidentiel, jeudi soir, qui risque de monopoliser l’attention. Il pourrait s’agir de la dernière chance de M. Trump de changer la trajectoire de l’élection.

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LES GRANDES QUESTIONS

Le débat est-il la dernière occasion pour M. Trump de sauver sa peau?

L’impact réel des débats est souvent remis en question, mais l’affrontement de jeudi, à Nashville, au Tennessee, offre une occasion à M. Trump de se donner un élan dont il a bien besoin. Aucun autre moment avant le jour du vote ne lui offrira une meilleure chance de rallier les indécis.

M. Trump ne peut se permettre une autre mauvaise performance. La colère et l’agressivité dont il a fait preuve lors du premier débat ont largement été mal reçues, et cela a permis à M. Biden d’accentuer son avance.

La pression sera aussi importante sur M. Biden. Puisque M. Trump remet fréquemment en question, injustement ou non, les capacités physiques et mentales de son adversaire de 77 ans à devenir président, M. Biden ne pourra se permettre de paraître faible ou hésitant.

Est-ce que la nouvelle vague de COVID-19 aura un impact sur le vote?

À deux semaines du vote, les infections de coronavirus atteignent leurs sommets les plus élevés depuis juillet. Au moins dix États ont rapporté en fin de semaine leur plus grand nombre quotidien d’infections depuis le début de la pandémie. Des experts croient qu’on pourrait bientôt voir 100 000 nouvelles infections par jour.

Cela ajoute une couche d’incertitude à une élection déjà minée par des questions d’accès au vote. La situation témoigne de nouveau de l’échec du président Trump à contrôler la pire crise de santé publique à frapper le pays en 100 ans. On peut aussi se demander si les électeurs modifieront leurs habitudes pour se protéger.

Le vote par anticipation semble en voie de fracasser des records. On ne sait pas si cela se produira ou si un bond du recours au vote par correspondance viendra accentuer encore davantage la pression sur un système déjà poussé à la limite. On s’attend généralement à un taux de participation exceptionnel quand tous les votes auront été comptés, mais rien n’est garanti.

Où est passé l’argent des Républicains?

Qu’il gagne ou qu’il perde, les difficultés de M. Trump à gérer les finances de sa campagne auront un impact sur le dernier droit de la course. Au cours des deux prochaines semaines, les démocrates dépenseront 141,3 millions $ US en publicités, soit deux fois plus que les 70,4 millions $ US que dépenseront M. Trump et ses alliés, selon la firme Kantar/CMAG.

Aucun président sortant de l’ère moderne ne s’est jamais retrouvé dans une telle situation. Cela oblige M. Trump à prendre des décisions difficiles au moment où il peut le moins se les permettre.

À court de fonds, M. Trump est presque entièrement disparu de la télévision dans le Midwest, déplaçant ses dépenses publicitaires vers des États comme la Floride, la Caroline du Nord, l’Arizona, la Géorgie et la Pennsylvanie.

Les démocrates sont-ils trop confiants?

Il est évident que les plus fervents partisans des deux camps sont montés au front cet automne. Mais ceux que la chose politique intéresse moins, comme les jeunes et les Afro-Américains qui appuient normalement les démocrates, se sentent peut-être moins interpelés puisque M. Biden semble se diriger vers la victoire.

Face à ce risque d’excès de confiance, la responsable de la campagne Biden, Jen O’Malley Dillon, a publié en fin de semaine une note rappelant aux partisans démocrates ce qui s’est passé en 2016.

«Dans les faits, cette course est beaucoup plus serrée que ce qu’on entend à la télévision ou lit sur Twitter, a-t-elle écrit. Si 2016 nous enseigne quelque chose, c’est bien qu’il ne faut pas sous-estimer Donald Trump ou sa capacité à remonter la pente pendant les derniers jours de la campagne, peu importe les tactiques déloyales ou de salissage qu’il doive utiliser.»

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LE MOT DE LA FIN

Il a été frappant de constater les contrastes entre les deux campagnes en fin de semaine. M. Trump a toujours été le candidat le plus agressif et on s’attendait à ce que M. Biden en fasse éventuellement un peu plus, mais cela ne s’est pas produit.

M. Biden a été essentiellement invisible samedi, pendant que M. Trump visitait le Michigan, le Wisconsin et le Nevada.

M. Biden profitera de l’arrivée dans la campagne du président Obama cette semaine, et sa colistière Kamala Harris sera très occupée. Mais si M. Biden perd éventuellement la course, il ne pourra peut-être pas dire qu’il avait tout fait pour l’emporter.

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