A220: Québec précisera ses intentions dans environ 10 jours, dit Fitzgibbon

MONTRÉAL — Les pourparlers entre Québec, Bombardier et Airbus entourant la Société en commandite Airbus Canada (SCAC) pourraient aboutir d’ici environ 10 jours, estime le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui dit travailler «étroitement» avec les deux entreprises.

En marge de consultations sur l’entrepreneuriat féminin, mardi à Montréal, le ministre a toutefois été prudent dans ses commentaires, puisque les discussions entre les trois partenaires se poursuivent.

«Je pense que (le premier ministre François) Legault a été très clair à l’effet qu’il ne désirait pas que le gouvernement mette d’autre argent dans la C Series (rebaptisée A220), a expliqué M. Fitzgibbon en mêlée de presse. Mon travail, c’est de m’assurer comment on peut structurer quelque chose, puis je n’irai pas au bout de mes pensées parce qu’on est au coeur de cela.»

En lançant un avertissement sur ses résultats le 16 janvier dernier, Bombardier avait laissé planer le doute sur sa participation dans la SCAC en dévoilant que de nouveaux investissements étaient nécessaires dans cette société afin de soutenir l’accélération de la cadence de production, ce qui repoussera le moment où l’on atteindra le seul de rentabilité en plus d’amoindrir le rendement sur la durée de vie du programme.

La société en commandite est détenue à hauteur de 50,06 % par Airbus depuis juillet 2018, contre 33,58 % pour Bombardier et 16,36 % pour l’État québécois, qui a injecté 1 milliard $ US en 2016 dans la C Series. Le partenariat prévoyait que la contribution de Bombardier au programme puisse atteindre 925 millions $ US jusqu’à la fin de 2021.

L’appel de fonds place le gouvernement Legault dans une position délicate, puisqu’il doit décider s’il injecte davantage de fonds publics pour maintenir sa participation au seuil actuel, sans quoi celle-ci sera diluée.

«Il y a différentes formules que l’on regarde (…) mais je suis sensible au point que vous avez mentionné, a répondu le ministre lorsqu’interrogé à savoir s’il tentait de conclure une entente qui ne se traduirait pas par une nouvelle injection de fonds publics. Ce n’est pas facile, mais je suis confiant que nous allons arriver avec une solution avec laquelle la population du Québec sera satisfaite.»

En théorie, Airbus pourra racheter la participation de Bombardier dans la société en commandite en 2026, alors qu’elle pourra faire de même avec celle de Québec à compter de la fin juin 2023.

Normal, dit Airbus

Sans préciser l’ampleur des nouveaux investissements à effectuer, la porte-parole d’Airbus Canada, Marcella Cortellazzi, a souligné, par courriel, que l’ancienne C Series était en service depuis «à peine plus de trois ans».

«Il est tout à fait normal, à ce stade-ci dans la durée de vie d’un programme, qu’un investissement continu soit nécessaire», a-t-elle écrit.

Plus de 2500 personnes travaillent sur l’A220 aux installations de la SCAC à Mirabel, dans les Laurentides, et le programme génère des centaines d’emplois chez des fournisseurs à travers la province.

Même si Airbus n’a pas versé un seul sou pour obtenir le contrôle de l’avion développé par Bombardier, l’avionneur a néanmoins sauvé le programme, a estimé M. Fitzgibbon. À son avis, le gouvernement québécois doit conclure une entente dans laquelle la multinationale y trouve son compte.

«Je pense que nous sommes rendus à un point où Airbus, c’est un bénéfice pour le Québec, a dit le ministre. Il y a d’autres projets qui vont arriver. Je vois Airbus comme un partenaire extraordinaire pour la grappe industrielle du Québec.»

Airbus et Bombardier feront respectivement le point sur leur performance au cours de l’année financière 2019 le 13 février.

Parallèlement à sa présence dans le programme A220, Bombardier évalue toutes ses options dans le but d’accélérer la réduction de son endettement. La dette à long terme de la société est supérieure à 9 milliards $ US.

Selon divers médias, Bombardier discuterait avec Alstom en vue de lui céder sa division ferroviaire, alors que des analystes ont aussi suggéré la possibilité de voir l’entreprise se départir de sa division des jets d’affaires.

 

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