ABI: nouvelle réduction de la production à l’approche de la date butoir

PITTSBURGH — Le copropriétaire de l’Aluminerie de Bécancour a annoncé mercredi une nouvelle réduction de sa production en raison du lock-out de ses 1030 travailleurs qui s’étire depuis plus de onze mois.

L’usine continuait d’être exploitée par la direction d’Alcoa à raison d’une série de cuves sur trois. La multinationale américaine coupera de moitié la production de la série de cuves restante d’ici vendredi, évoquant de récents départs de cadres.

Les cadres toujours actifs veilleront à ce que l’aluminerie soit prête pour un éventuel redémarrage, a-t-on précisé.

Le lock-out d’ABI, propriété à 75 pour cent d’Alcoa et à 25 pour cent de Rio Tinto, avait été décrété le 11 janvier, au lendemain du rejet des offres patronales.

À l’automne, le ministre du Travail, Jean Boulet, a mis sur pied un conseil de médiation présidé par l’ex-premier ministre Lucien Bouchard et fixé le 30 novembre comme date butoir pour conclure une entente négociée. La médiation a ensuite été prolongée jusqu’au 21 décembre.

Le Syndicat des Métallos, qui représente les travailleurs d’ABI, estime que cette fermeture de la moitié des cuves restantes à deux jours de l’échéance constitue un manque de respect pour le processus de négociation, puisque cet arrêt augmentera les coûts et le temps nécessaire à un redémarrage.

«Ça jette un doute sur la volonté de l’employeur de conclure une entente», s’est désolé le président de la section locale du syndicat, Clément Masse.

Questionné à ce sujet mercredi, le ministre Boulet a dit croire que la décision avait été prise par souci pour «la sécurité du personnel».

Les négociations se poursuivent jusqu’à vendredi, mais M. Masse entretient peu d’espoir de parvenir à un accord.

En l’absence d’une entente, le conseil de médiation aura le mandat de préparer une hypothèse de règlement.

Le conflit chez ABI porte principalement sur le régime de retraite des travailleurs ainsi que sur l’ancienneté concernant les mouvements de main-d’oeuvre.

Selon les Métallos, le conflit de travail a privé Hydro-Québec de plus de 200 millions $ en revenus. Le contrat d’ABI lui permet de ne pas consommer toute l’électricité qu’elle s’est engagée par contrat à consommer, en cas de force majeure. Or, un lock-out serait considéré comme un cas de force majeure, en vertu de ce contrat, «même si c’est une décision unilatérale de l’employeur», relève M. Masse.