Abou Sayyaf relâche 10 marins indonésiens, mais garde un Canadien en otage

MANILLE, Philippines – Les militants islamistes d’Abou Sayyaf ont libéré 10 marins indonésiens qu’ils avaient kidnappés en mars lors de la première de trois attaques contre des bateaux remorqueurs, ont annoncé les autorités des Philippines, dimanche.

Les otages semblaient en bonne santé lorsqu’ils ont été déposés, dimanche après-midi, devant la maison du gouverneur de la province de Sulu dans la ville de Jolo, a indiqué le chef du service de police local, Junpikar Sitin. Les 10 hommes ont été emmenés à une base militaire alors que le gouvernement philippin prenait les arrangements nécessaires pour les renvoyer en Indonésie.

Le maire de Jolo, Hussin Amin, s’est réjoui de cette nouvelle, admettant toutefois ne pas savoir si une rançon avait été versée.

Lundi dernier, les combattants d’Abou Sayyaf avaient décapité le Canadien John Ridsdel après que les autorités eurent omis de leur remettre la somme colossale qu’ils réclamaient avant l’échéance établie.

À la suite de cet assassinat, les troupes philippines ont lancé une offensive contre les militants et le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a promis d’aider les Philippines à capturer et traduire en justice les meurtriers de M. Ridsdel.

Plus d’une dizaine d’étrangers et de Philippins sont toujours entre les mains d’Abou Sayyaf, dont un autre Canadien, Robert Hall, et un Norvégien enlevés en même temps que John Ridsdel en septembre dernier.

Considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, le groupe est né du mouvement séparatiste musulman qui existe depuis des décennies dans le sud des Philippines. Il compterait environ 400 membres divisés en quelques factions et est connu pour ses enlèvements, ses attentats à la bombe ainsi que ses exécutions.