Abus au Manoir Liverpool à Lévis: la ministre Marguerite Blais sommée d’agir

QUÉBEC — La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, doit mettre fin au «Far West» dans les résidences pour personnes âgées (RPA) comme le Manoir Liverpool, estime Québec solidaire (QS).

Médicaments non donnés, nourriture rationnée, présence de rongeurs: un rapport du CISSS de Chaudière-Appalaches a confirmé vendredi plusieurs cas de maltraitance à l’établissement privé de Lévis. 

Le système en place est celui de Marguerite Blais, a tonné mercredi en Chambre le porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

Mme Blais a été ministre responsable des Aînés pendant cinq ans sous Jean Charest, avant d’être exclue du conseil des ministres lors de la prise de pouvoir de Philippe Couillard. 

Elle a continué de siéger comme députée libérale jusqu’en 2015, et a été recrutée par la Coalition avenir Québec (CAQ) à temps pour la campagne électorale de 2018.

«La réalité au Québec en 2021, c’est qu’on fait vivre l’enfer à des aînés vulnérables pendant des années sans se faire inquiéter», a déploré M. Nadeau-Dubois.

«Dans bien des RPA, la seule règle, c’est le profit. (…) La ministre des Aînés est au pouvoir depuis près d’une décennie. Elle regarde la logique du profit s’enraciner.»

Plus tôt, en point de presse, il avait comparé le «scandale Liverpool» à celui du CHSLD privé Herron, où il y a eu 38 morts en 10 jours au printemps dernier.

«Le Manoir Liverpool est un cas d’école sur en quoi le privé est un problème», a-t-il déclaré, sommant la ministre Blais de poser trois gestes pour mettre fin au «bordel» des RPA:

– embaucher plus d’inspecteurs; 

– transformer les visites annoncées en visites surprises; 

– s’engager à revoir en profondeur l’encadrement des RPA. 

Le seul fait qu’il y ait sept inspecteurs au Québec pour veiller au bien-être des aînés en RPA, contre 18 qui veillent au bien-être animal, devrait tous nous «choquer», selon M. Nadeau Dubois.

En outre, la pratique selon laquelle un inspecteur appelle la résidence pour annoncer son arrivée a fait en sorte que le Manoir Liverpool a pu «cacher les abus», a-t-il affirmé.

Enfin, l’encadrement des RPA est un «vaste dossier» auquel la ministre Blais doit s’attaquer, selon QS, qui soulève des questions sur les embauches, les salaires, le recours aux agences de placement et les soins. 

Blais piquée au vif

Marguerite Blais se défend de rester les bras croisés. Mercredi, au Salon bleu, elle s’est dite «extrêmement choquée» de la situation au Manoir Liverpool, qui est «totalement inacceptable», selon elle.

Elle a déclaré vouloir faire «davantage de visites» dans les RPA, et d’avoir demandé aux PDG des CISSS et des CIUSSS de lui transmettre un rapport sur l’assurance-qualité offerte dans tous les établissements.

«Je veux ça sur mon bureau pour le 26 février.» 

Mme Blais a également indiqué avoir demandé une enquête au Pavillon Bellevue, l’un des co-propriétaires du Manoir Liverpool, ce qui s’ajouterait entre autres à l’enquête indépendante déclenchée mardi.

Elle a précisé qu’il y avait des visites surprises dans les RPA, mais pas dans les ressources intermédiaires (RI). «On va changer ça. Oui, on peut mettre plus d’inspecteurs.»

Par ailleurs, Mme Blais a été piquée au vif lorsqu’on lui a rappelé son rôle de ministre des Aînés dans l’ancien gouvernement libéral. «Je n’étais pas responsable ni des CHSLD ni des RPA», s’est-elle défendue.  

«Non, non, je ne m’en lave pas les mains», s’est-elle ensuite exclamée lors d’un échange particulièrement animé avec les élus des banquettes de l’opposition.

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