Accès à internet dans les régions éloignées: le CRTC réduit la vitesse minimale

OTTAWA — Des groupes de défense de l’accès à internet se disent mécontents que le régulateur canadien des télécommunications ait réduit de moitié la vitesse minimale requise pour que des projets soient admissibles à un fonds destiné à améliorer l’accès à internet à haut débit dans les régions mal desservies du pays.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé jeudi qu’il avait modifié les exigences de vitesse minimale, de sorte que davantage de projets puissent se partager le fonds de 750 millions $. Le CRTC soutient que des problèmes tels que la géographie, les coûts de transport et d’autres obstacles rendent la vitesse initialement souhaitée plus difficile à respecter.

Ce changement illustre un manque d’ambition de fournir aux Canadiens des services internet plus rapides, a estimé la directrice générale d’OpenMedia, Laura Tribe, dans un communiqué.

«La décision d’aujourd’hui est un formidable retour en arrière (…) Si Navdeep Bains et Justin Trudeau envisagent sérieusement de bâtir un Canada novateur et branché, ils doivent renvoyer cette décision immédiatement pour réexamen.»

Mme Tribe a ajouté que ces nouvelles cibles vont à l’encontre de celles de 50 mégabits par seconde (Mbit/s) pour les téléchargements et de 10 Mbit/s pour l’envoi de données, que le régulateur avait initialement définies.

Le CRTC s’est justifié en disant que l’objectif révisé de 25 Mbit/s et de 5 Mbit/s est conforme au service utilisé par la majorité des Canadiens actuellement. Il indique que les candidats devront concevoir des projets afin de pouvoir les faire évoluer éventuellement à des vitesses de 50 Mbit/s de téléchargement en amont et de 10 Mbit/s en aval.

Le président et chef de la direction de l’Autorité canadienne pour les enregistrements internet, Byron Holland, a écrit dans un communiqué qu’il était «déçu» par les nouvelles exigences de vitesse minimale, et qu’il espérait que les demandeurs viseraient les vitesses les plus élevées.

«Nous encourageons les candidats à s’efforcer d’atteindre ces objectifs pour que les Canadiens aient accès à un internet de qualité, indispensable pour participer de manière significative à l’économie numérique.»

Il a salué la grande variété de groupes pouvant s’inscrire au fonds.

«Nous sommes heureux de constater que les entités à but lucratif et non lucratif, les conseils de bande, les gouvernements provinciaux et territoriaux, ainsi que les administrations municipales pourront présenter une demande de financement.»

Le CRTC avait annoncé le fonds parrainé par l’industrie en 2016 dans le cadre de sa désignation du service à haut débit comme service de base dans tout le pays. En 2015, environ 82 pour cent des Canadiens avaient accès à une vitesse de téléchargement de 50 Mbit/s et de 10 Mbit/s pour l’envoi de données.

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