Accident de travail à Domtar Windsor: lacunes de sécurité avec l’échafaudage

MONTRÉAL — L’accident du travail qui avait causé la mort de deux travailleurs ainsi que des blessures à plusieurs autres, à l’usine Domtar de Windsor, le 26 octobre 2021, est dû à une conception de l’échafaudage qui comportait des lacunes en matière de sécurité.

C’est ce que conclut la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dans son rapport de 91 pages dévoilé mercredi.

L’usine de la région de l’Estrie était en arrêt prolongé pour permettre des travaux d’entretien dans le lessiveur. Pour mener à bien cet entretien, un échafaudage devait être installé.

L’accident était survenu lorsque l’échafaudage de 16 niveaux, en tout 39 mètres (128 pieds), installé à l’intérieur du lessiveur, s’était effondré.

L’accident avait causé la mort d’un journalier soudeur et d’un homme à tout faire. D’autres travailleurs avaient également été blessés.

Le lessiveur a l’apparence d’un silo; c’est un équipement sous pression dans lequel les copeaux de bois et certains produits chimiques sont mélangés pour former la pâte à papier.

Il est complètement vidé, à intervalles réguliers, pour en faire l’entretien préventif.

Pas moins de huit entreprises ont été impliquées dans l’enquête, note la CNESST. Domtar, une entreprise de fabrication et de distribution de pâtes et papier qui y emploie 850 syndiqués, était le «donneur d’ouvrage». Elle avait fait appel à d’autres entreprises pour l’échafaudage et les travaux d’entretien.

Le rapport de la CNESST indique que la première cause a trait à la conception même de l’échafaudage.

L’investigation de la structure fait état d’un «facteur de sécurité de conception insuffisant», de même que d’une masse de l’échafaudage qui a été sous-estimée et de l’«absence d’élément stabilisant le poteau sous le niveau 7».

«À elles seules, ces trois causes seraient suffisantes pour entraîner l’effondrement de l’échafaudage», est-il écrit dans le rapport détaillé.

La deuxième cause s’explique par une charge trop lourde à supporter.

«La charge ultime d’un des montants à rosettes est atteinte, ce qui provoque sa rupture et l’effondrement de l’échafaudage», conclut-on dans le rapport.

«L’effondrement a pris origine au niveau d’un des quatre poteaux verticaux localisés sous le plancher en saillie du niveau 7. Il a été démontré que ce poteau, chargé en compression/flexion, était sollicité à 121% si deux travailleurs se trouvent au bout du plancher, soit directement au-dessus de la diagonale », constate-t-on dans le rapport.

Après l’accident, la CNESST avait ordonné la suspension des travaux, puis ordonné à Domtar d’élaborer une méthode de travail sécuritaire pour le montage de l’échafaudage. «L’entreprise s’étant conformée aux exigences, la reprise des travaux d’entretien a été autorisée», rapporte la Commission.

La CNESST transmettra une copie de son rapport à plusieurs instances, parmi lesquelles l’Ordre des ingénieurs, l’Association de la construction du Québec, l’Association des entrepreneurs en construction, de même que les facultés de génie civil des universités.

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