Accident d’hélicoptère canadien: les recherches de survivants sont abandonnées

HALIFAX — L’armée canadienne et ses alliés de l’OTAN ont officiellement mis fin vendredi aux recherches pour retrouver cinq survivants de l’hélicoptère qui s’est abîmé mercredi en mer Ionienne, au large de la Grèce.

Six militaires se trouvaient à bord de l’hélicoptère Cyclone lorsqu’il s’est abîmé en mer alors qu’il retournait à sa frégate Fredericton après un exercice. «Cette décision n’a pas été prise à la légère», a expliqué aux journalistes le vice-amiral Craig Baines, commandant de la Marine, vendredi, sur un quai de Halifax, où est basé le Fredericton.

La frégate canadienne et des navires, des hélicoptères et des avions turcs, italiens et grecs ont minutieusement ratissé le secteur à la recherche de survivants, sans succès, a-t-il dit. «Bien que les recherches en mer ne soient jamais faciles, ces unités ont complètement saturé la zone pendant toute la durée des recherches sur le lieu connu de l’accident, a déclaré M. Baines. Nous sommes donc certains que s’il y avait eu des survivants, nous les aurions trouvés au cours des 48 dernières heures.»

M. Baines a reconnu que la recherche des cinq militaires canadiens s’était officiellement transformée en «efforts de recherche et de récupération» par la suite.

Le corps de la militaire Abbigail Cowbrough, de la Nouvelle-Écosse, avait déjà été récupéré dans des débris de l’appareil. Deux autres militaires de la Nouvelle-Écosse, Brenden Ian MacDonald et Matthew Pyke, sont morts, ainsi que le capitaine Maxime Miron-Morin, de Trois-Rivières, le capitaine Kevin Hagen, de Nanaimo, en Colombie-Britannique, et le caporal-chef Matthew Cousins, de Guelph, en Ontario.

Maxime Miron-Morin rêvait de servir dans les Forces depuis son adolescence et est devenu un opérateur de systèmes de combat aérien dans l’Aviation royale canadienne, a déclaré le colonel James Hawthorne, commandant de la 12e Escadre Shearwater, en Nouvelle-Écosse, où était basé le Cyclone.

Les Forces canadiennes ont également récupéré des restes humains qui seraient ceux de personnes à bord de l’hélicoptère, mais ils ne peuvent pas encore être identifiés. Le vice-amiral Baines a indiqué que des navires italiens et turcs restent sur les lieux de l’accident pour aider aux opérations de récupération pendant au moins les 48 prochaines heures.

L’armée canadienne a dépêché dans la région une équipe d’enquêteurs pour déterminer la cause de l’accident. Les enregistreurs de données de vol et de voix du Cyclone ont été récupérés après s’être détachés de l’hélicoptère lors de l’écrasement et seront bientôt retournés au Canada pour analyse.

Le Fredericton en Italie samedi

Le Fredericton devait gagner un port italien samedi et l’équipage prévoyait de tenir une veille pour les camarades perdus en mer. Le vice-amiral Baines a déclaré que l’équipage du Fredericton resterait en Italie pendant plusieurs jours avant de reprendre son rôle dans la mission de l’OTAN.

«À son arrivée en Italie, le navire transférera les restes à notre équipe sur le terrain qui facilitera leur retour au Canada via le pont aérien militaire canadien», a indiqué M. Baines. «Les restes seront ramenés à la maison la semaine prochaine.»

Le premier ministre Justin Trudeau a offert ses condoléances aux familles des victimes. «Aujourd’hui, suivant l’appel à mettre fin à la mission de recherche et de sauvetage, je me joins à tous les Canadiens pour pleurer la perte de six membres des Forces armées canadiennes dans l’accident de l’hélicoptère CH-148 Cyclone près de la Grèce, plus tôt cette semaine», a fait savoir le premier ministre par voie de communiqué, vendredi après-midi.

«Au nom du gouvernement du Canada, j’offre mes plus sincères condoléances aux familles de ces membres des Forces armées canadiennes. Tous les Canadiens partagent votre deuil, et nous sommes là pour vous appuyer durant cette période difficile», a ajouté M. Trudeau.

Le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la défense, a déclaré que «ce qui rend cela encore plus difficile à supporter, c’est notre incapacité — jusqu’à présent — à récupérer tous nos camarades morts».