Accusé du meurtre de sa femme, Thanabalasingham n’en a pas fini avec la justice

Sivaloganathan Thanabalasingham, cet homme qui avait échappé à son procès pour le meurtre de sa femme en raison de l’arrêt Jordan, n’en a finalement pas fini avec la justice.

Il a beau avoir quitté le pays, la Cour Suprême du Canada a décidé mercredi matin de renvoyer son cas devant la Cour d’appel du Québec pour jugement.

Les faits à l’origine de cette affaire sont peu habituels.

La Cour supérieure avait décrété en 2017 un arrêt des procédures criminelles intentées contre l’homme car son procès n’avait toujours pas eu lieu, près de cinq ans après son arrestation. Cela violait son droit constitutionnel d’avoir un procès dans des délais raisonnables, avait alors tranché le magistrat.

Libéré suite à ce jugement, l’homme avait été arrêté peu après — à nouveau — par les autorités d’immigration et déporté dans son pays d’origine, le Sri Lanka.

Malgré cela, la Couronne en a appelé du jugement ayant décrété l’arrêt des procédures: elle voulait que Thanabalasingham soit jugé pour meurtre.

Sauf que la majorité de la Cour d’appel n’a pas voulu l’entendre: l’homme n’étant plus au pays, cet appel est devenu «sans objet et théorique», a-t-elle tranché.

La Cour suprême n’est pas de cet avis.

Mercredi, le jour même de l’audition, elle a ordonné à la Cour d’appel du Québec d’entendre l’affaire et de rendre jugement.

L’homme avait été arrêté en 2012 à Montréal et accusé du meurtre au second degré de sa jeune épouse Anuja Baskaran.