Adaptation au climat: la climatisation, un droit fondamental, selon une coalition

OTTAWA — Une coalition vouée à l’adaptation au climat et à la préparation aux catastrophes affirme que la climatisation devrait être considérée comme un droit fondamental de la personne.

La coalition «Un Canada résistant au climat», surtout composée de joueurs de l’industrie des assurances, rappelle que les changements climatiques augmentent les risques de vagues de chaleur extrême au Canada.

La recommandation sur la climatisation fait partie d’une liste de cibles et d’objectifs concrets que le gouvernement fédéral devrait inclure dès cet automne dans sa stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques, croit la coalition, qui revendique aussi l’appui de quelques organismes environnementaux, comme l’Association canadienne des médecins pour l’environnement et l’Institut Pembina.

«Nous nous concentrons sur le court terme», a souligné le président du Centre Intact d’adaptation au climat de l’Université de Waterloo, Blair Feltmate. «Ce qui manque encore au gouvernement fédéral, c’est la compréhension de la nécessité d’agir avec urgence.»

La coalition, qui regroupe aussi l’Association des produits forestiers du Canada, la Fédération canadienne des municipalités ou la Croix-Rouge canadienne, souhaite que la stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques fixe des objectifs spécifiques — et pas seulement de vagues promesses — afin de mieux armer le pays face aux conditions météorologiques extrêmes.

Selon la coalition, le Canada devrait fixer un objectif visant à protéger d’ici 2028 au moins 300 000 des maisons les plus vulnérables aux inondations, soit avec des détournements de cours d’eau et des digues, soit avec des délocalisations.

D’ici 2028, 15% des communautés qui sont à risque en raison des incendies de forêt devraient avoir mis en place des plans de protection, 15 % des maisons qui s’y trouvent devraient être équipées de dispositifs de protection et toutes les nouvelles constructions devraient être résistantes aux incendies de forêt, croit la coalition. 

Les épisodes de chaleur accablante ont causé des centaines de décès ces dernières années – 619 en Colombie-Britannique seulement cet été, selon les données du coroner de la province. La coalition croit qu’Ottawa devrait s’engager à mettre en place des mesures qui permettront de réduire de 70 % le nombre de décès et de 50 % le nombre d’hospitalisations au cours des cinq prochaines années.

Pour y arriver, la coalition estime qu’il est envisageable d’exiger que tous les édifices soient climatisés.

«Avoir accès à un endroit chauffé est considéré comme un droit fondamental en hiver, parce que c’est une question de sécurité, a rappelé M. Feltmate. Aujourd’hui, il en va de même pour la chaleur extrême en été.»

Selon M. Feltmate, toutes les solutions proposées par la coalition pourraient être mises en place, et à un coût raisonnable.

La climatisation pourrait notamment être fournie à ceux qui en ont besoin pour seulement cinq dollars par mois, a-t-il estimé. De plus, certaines données sur les programmes qui informent les propriétaires sur la manière de protéger leurs maisons contre les incendies de forêt montrent que près des trois quarts de ceux qui ont suivi la formation ont intégré au moins deux de ses recommandations.

Agir à court terme

Le Canada a déjà fixé des objectifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dans le but d’empêcher que le changement climatique ne s’aggrave. La coalition «Un Canada résistant au climat» estime toutefois que le pays doit aussi mieux s’adapter aux changements climatiques qui se produisent déjà.

D’ici 2050, la plupart des villes canadiennes devraient voir leur température maximale estivale quotidienne augmenter de cinq degrés Celsius. Le nombre de jours où la température dépassera 30 °C aura doublé, voire triplé, et la durée et la fréquence des vagues de chaleur augmenteront également. 

M. Feltmate croit que le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a compris que le pays doit s’adapter au changement climatique et doit contribuer à ralentir sa progression.

«Cependant (les politiciens) ne comprennent pas l’ampleur de la menace qui pèse sur le terrain en ce moment. Nous ne devrions pas penser que nous sommes immunisés au Canada», a-t-il lancé.

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