Aéroport Trudeau au nom de René-Lévesque: plus de 20 000 signatures à la pétition

MONTRÉAL — Une pétition pour faire changer le nom de l’aéroport montréalais Pierre-Elliott-Trudeau en celui de René-Lévesque dépassait les 20 000 signatures, mardi en fin d’après-midi.

Cette pétition de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a été lancée lundi matin à 7h.

«C’est une preuve, une démonstration forte de la volonté des Québécois pour ce changement de nom. Ça s’est fait rapidement. Je suis heureuse que ça fonctionne bien!» s’est exclamée en entrevue mardi Marie-Anne Alepin, présidente générale de la SSJB-M..

D’autres pétitions portant sur la désignation de cet aéroport circulent également. Celle de la SSJB-M, aeroportlevesque.quebec, porte spécifiquement sur le changement de nom de Pierre-Elliott-Trudeau à celui de René-Lévesque.

N’est-ce pas un affront de proposer le nom de l’ancien premier ministre indépendantiste du Québec pour remplacer le nom de l’ancien premier ministre canadien que M. Lévesque a dénoncé durant une bonne partie de sa carrière politique? 

«Non, ce n’est pas un affront. Nous, on arrive avec une proposition de René Lévesque. Il est rassembleur et il a quand même été premier ministre pendant un bon moment», justifie Mme Alepin.

Quant à Pierre Elliott Trudeau, «ce n’est pas lui qui devrait mériter tous ces honneurs-là», estime-t-elle. 

Elle prend appui notamment sur les récentes informations révélées par CBC sur les échanges entre l’homme d’affaires Paul Desmarais et l’ambassadeur des États-Unis au Canada — déclassifiées récemment — dans lesquels le premier ministre Trudeau aurait demandé à M. Desmarais de faire augmenter le chômage de 10 % à 15 % ou 20 % au Québec, afin de nuire le plus possible au gouvernement nouvellement élu de René Lévesque.

«Ça ne nous représente pas, nous les Québécois», lance Mme Alepin, en faisant référence à l’ancien premier ministre Trudeau.

À ceux qui ridiculisent la démarche, en se demandant à quoi ça sert, Mme Alepin répond: «l’histoire sert à quelque chose; il ne faut jamais oublier notre histoire».

«Ce n’est pas vrai que les pétitions et les manifestations, ça ne sert à rien; c’est la population, c’est le peuple qui parle. Si la mobilisation des citoyens ne servait à rien, les plus grandes causes de l’humanité n’auraient jamais pu voir le jour», conclut-elle.

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