Affaire Amanda Todd: «pas de la pornographie juvénile», dit l’avocat de la défense

NEW WESTMINSTER, C.-B. — Partager un lien n’est «pas de la pédopornographie», a déclaré l’avocat de la défense d’un Néerlandais accusé de harcèlement et d’extorsion d’Amanda Todd, une adolescente de la Colombie-Britannique.

À la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Joseph Saulnier a indiqué au jury du procès d’Aydin Coban mercredi qu’il y avait des preuves qu’une vidéo intitulée «AmandaTodd.wmv» avait été diffusée sur un appareil saisi au domicile de son client, mais elle n’était pas stockée sous forme de fichier de données.

Aydin Coban a plaidé non coupable d’extorsion, de harcèlement, de communication avec une personne mineure en vue de commettre une infraction sexuelle et de possession de pornographie juvénile en relation avec l’adolescente de Port Coquitlam, en Colombie-Britannique.

Plus tôt dans le procès, le procureur de la Couronne Marcel Daigle a cité le témoignage d’un policier néerlandais qui a déclaré qu’un fichier vidéo supprimé appelé «AmandaTodd.wmv» avait été diffusé sur l’un des appareils en décembre 2010, ce qui correspond à un moment où Amanda Todd était activement harcelée.

Cependant, Me Saulnier a précisé que les preuves «ne soutiennent pas l’existence d’un fichier de données de pornographie juvénile sur Amanda Todd». Le jury devrait acquitter son client de l’accusation de possession de pornographie juvénile, a-t-il ajouté.

La vidéo a été envoyée sous forme de lien, mais rien ne montre qu’elle a été stockée en tant que données sur les appareils saisis, a ajouté Me Saulnier au deuxième jour de sa plaidoirie.

«Pouvez-vous regarder cela et être convaincu hors de tout doute raisonnable de la possession d’un fichier de données de pédopornographie ?» a-t-il questionné. «Non.»

L’avocate de la Couronne Louise Kenworthy a conclu ses plaidoiries mardi en disant qu’il y avait un «trésor d’informations» reliant Aydin Coban au harcèlement et à l’extorsion d’Amanda Todd.

Lorsque le procès a commencé il y a près de deux mois, la Couronne a déclaré au jury qu’Amanda Todd avait été victime d’une campagne persistante de «sextorsion» en ligne avant sa mort à l’âge de 15 ans en octobre 2012.

Me Saulnier s’est concentré sur l’affirmation de la Couronne selon laquelle c’était la même personne, Aydin Coban, qui exploitait divers comptes impliqués dans le harcèlement d’Amanda Todd.

«Je dis que la Couronne a établi qu’il existe des liens entre ces comptes. Ce n’est pas une coïncidence. Je suis d’accord que ce n’est pas une coïncidence, a-t-il dit. Cela ne veut pas dire que c’est la même personne.»

Il a souligné les différences dans la manière dont les majuscules, la grammaire, les apostrophes et les abréviations étaient utilisées, puis a établi un contraste avec la façon dont Amanda Todd écrivait tout au long des échanges.

«Donc, encore une fois, Amanda Todd, elle écrit en minuscules, sans utiliser de majuscules, c’est cohérent, a-t-il souligné. Elle écrit de la même manière.»

L’avocat de la défense a également déclaré au jury que divers comptes Facebook ciblant Amanda Todd avaient fonctionné sur des navigateurs Internet introuvables sur les appareils saisis.

«C’est un trou important dans la théorie de la Couronne, a-t-il avancé. C’est en fait la preuve que des personnes accèdent à ces comptes Facebook à partir d’autres appareils, à partir d’autres ordinateurs, la preuve que d’autres personnes utilisent ces comptes Facebook.»

Aucun cookie de Facebook n’a été trouvé sur les appareils saisis, selon Me Saulnier, faisant référence à des éléments de données que les sites Web utilisent pour suivre les utilisateurs et leurs préférences.

«Même si vous supprimez manuellement ou automatiquement vos cookies… pour la confidentialité — ce cookie (supprimé) — il va dans l’espace supprimé, a-t-il précisé. Trouver un fragment ne signifie pas que celui qui avait cet appareil est l’auteur du message.»

Me Saulnier avait déclaré mardi que ce qu’il a appelé des fragments de données informatiques cités par la Couronne ne pouvaient pas lier Aydin Coban à l’extorsion et au harcèlement d’Amanda Todd.

Il a soutenu dans sa plaidoirie finale que les appareils trouvés dans la maison d’Aydin Coban ne lui appartenaient pas nécessairement.

«Mon argument dans la preuve était qu’il réparait des ordinateurs. C’était un informaticien, a-t-il déclaré au jury. Il est logique que M. Coban, s’il regarde l’appareil de quelqu’un d’autre, le connecte à quelque chose.»

Toutes ces preuves désignent quelqu’un d’autre et non Aydin Coban qui a été impliqué dans le harcèlement et l’extorsion de l’adolescente, a-t-il ajouté.

«Pour tous les chefs d’accusation, la Couronne n’a pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable que M. Coban est l’auteur de ces messages. Elle n’a pas prouvé au-delà de tout doute raisonnable que M. Coban a commis ces infractions. Je vous ai demandé d’acquitter M. Coban», a-t-il affirmé. 

La juge Martha Devlin doit donner ses dernières instructions aux membres du jury vendredi avant qu’ils ne commencent leurs délibérations.

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