Affaire Jonathan Vance: l’ex-cheffe de cabinet du ministre Sajjan n’a pas témoigné

OTTAWA — Sans grande surprise, l’ancienne cheffe de cabinet du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, n’est pas venue témoigner en comité parlementaire, mardi, devenant ainsi le troisième membre du personnel politique libéral en trois semaines à bouder une invitation de la Chambre.

Les membres du Comité permanent de la défense nationale des Communes voulaient interroger Zita Astravas sur la façon dont le gouvernement avait géré les allégations d’inconduite sexuelle visant le général Jonathan Vance. Mme Astravas était alors, en mars 2018, la principale adjointe politique du ministre Sajjan.

Mais le gouvernement libéral avait déjà annoncé qu’il ne laisserait pas des membres de son personnel ministériel, des non-élus, comparaître devant des comités parlementaires. Mme Astravas était donc introuvable, mardi, lorsque le comité s’est réuni. Les membres ont dû se «contenter» de trois heures de témoignage du ministre Sajjan.

La présidente libérale du comité, Karen McCrimmon, a reconnu les «circonstances inhabituelles», puisqu’une majorité de députés avaient approuvé la motion, parrainée par les conservateurs le mois dernier, ordonnant à Mme Astravas de venir témoigner.

La motion exigeait également que trois autres membres du personnel politique libéral témoignent devant le Comité d’éthique des Communes dans l’«affaire WE Charity»: le directeur des politiques au cabinet du premier ministre Justin Trudeau et un conseiller, ainsi qu’un conseiller principal de la ministre des Finances, Chrystia Freeland. La motion permettait toutefois à M. Trudeau de comparaître en leur nom.

C’est en fait le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, qui a comparu pour le directeur des politiques de M. Trudeau, Rick Theis, il y a deux semaines. Les membres de l’opposition au Comité d’éthique ont refusé d’entendre la ministre associée des Finances, Mona Fortier, lorsqu’elle a tenté de comparaître à la place du conseiller de Mme Freeland, Amitpal Singh.

Le ministre Sajjan réitère

M. Sajjan a largement répété mardi ce qu’il avait déjà dit au même comité: il a suivi la procédure, il y a trois ans, en demandant à des hauts fonctionnaires du Bureau du Conseil privé d’enquêter lorsque l’ombudsman militaire de l’époque, Gary Walbourne, lui a fait part d’une allégation d’inconduite sexuelle visant le général Vance.

Le Bureau du Conseil privé est le ministère qui appuie le Cabinet du premier ministre et le cabinet ministériel.

Le ministre de la Défense a également confirmé que Mme Astravas avait informé un conseiller principal du cabinet du premier ministre Justin Trudeau, Elder Marques, de l’allégation visant M. Vance. Mais il a esquivé la question lorsqu’on lui a demandé qui d’autre au cabinet du premier ministre avait été mis au courant.

M. Sajjan est revenu sur son témoignage précédent, où il avait indiqué que M. Trudeau était lui-même au courant d’une allégation concernant M. Vance. Or, le premier ministre a déclaré la semaine dernière qu’il n’était au courant d’aucune allégation contre l’ancien chef d’état-major de la défense jusqu’à ce que Global News en fasse état en février dernier. «Je voulais dire: le cabinet du premier ministre» était au courant, a précisé M. Sajjan mardi.

Et il a soutenu qu’il avait fait un suivi avec Mme Astravas à plus d’une occasion pour savoir ce qui se passait avec cette allégation. Un haut responsable du Conseil privé a déclaré que l’affaire avait été abandonnée lorsque l’ombudsman Walbourne a refusé de fournir plus d’informations sur la plainte.

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