Affaire Khashoggi: le Canada ne reste pas les bras croisés, insiste Freeland

OTTAWA — Le Canada tente de trouver la façon «juste» de réagir au meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, a indiqué lundi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en insistant qu’il est faux de prétendre que le gouvernement ne pose aucun geste pour sanctionner l’Arabie saoudite.

La diplomate en chef du Canada n’a pas voulu dire si Ottawa envisageait résilier le contrat de véhicules blindés de 15 milliards $ en guise de représailles, se contentant de redire l’indignation du gouvernement canadien et de dénoncer de vive voix l’incohérence des justifications saoudiennes.

Elle a mentionné, au passage, qu’une réunion du groupe d’intervention en cas d’incident avait eu lieu lundi matin pour tenter de déterminer la suite des choses. C’était la première fois que se tenait une réunion de ce groupe notamment composé du premier ministre et de certains ministres.

Lors de la période de questions en Chambre, la députée néo-démocrate Hélène Laverdière a de nouveau demandé au gouvernement libéral de suspendre les ventes d’armes à Riyad, l’accusant de ne rien faire «à part parler».

Le premier ministre Justin Trudeau lui a répondu en réitérant que le Canada continuait à réclamer la tenue «d’une enquête approfondie» pour faire la lumière sur l’«horrible meurtre» du journaliste dont les textes étaient entre autres publiés par le Washington Post.

Le député conservateur Tony Clement a quant à lui invité les libéraux à recourir à la «loi Magnitski» pour sanctionner des membres du régime qui auraient été impliqués dans cette macabre histoire qui s’est produite au consulat de l’Arabie saoudite en Turquie.

Cette loi adoptée en octobre dernier permet d’imposer des sanctions contre des individus que le gouvernement canadien juge responsables — ou complices — de violations graves des droits de la personne reconnus internationalement ou de corruption importante.

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