Affaire Michaud: la CAQ refuse une motion qui aurait reconnu l’erreur de l’Assemblée

QUÉBEC — Le gouvernement Legault a refusé vendredi une motion qui visait à réparer un blâme prononcé contre l’ancien député Yves Michaud il y a 20 ans.

Rappelons que l’Assemblée nationale, sur motion de l’opposition libérale, avait alors condamné des propos de M. Michaud qui avaient été jugés antisémites.

Ami de René Lévesque et ancien délégué général du Québec à Paris, M. Michaud n’a jamais cessé depuis de demander le retrait de cette motion. Il a toujours plaidé qu’on lui avait attribué ces propos sans fondement et a réclamé qu’on le réhabilite.

Vendredi matin, le chef péquiste Pascal Bérubé a déposé une motion qui demandait qu’on répare «l’erreur» commise en 2000.

La motion affirmait aussi que l’Assemblée n’est pas le forum approprié pour blâmer un citoyen ou rendre justice. 

Le ministre Jean Boulet, qui agissait à titre de leader parlementaire du gouvernement vendredi, a refusé le dépôt de la motion.

Les caquistes estiment avoir été victimes d’un «coup fourré» dans cet épisode.

Selon une source du gouvernement, le libellé qui avait été proposé par le PQ à l’origine n’était pas le même.

En entrevue avec La Presse Canadienne, l’interlocuteur caquiste, qui a refusé d’être identifié, a indiqué que le gouvernement était d’accord avec une motion plus générale: il ne fallait pas que l’Assemblée reconnaisse ses torts et il ne fallait pas mentionner le nom de M. Michaud, a-t-il précisé. 

Selon cette source, la motion péquiste «changeait complètement la démarche». Elle aurait «excusé» les propos d’Yves Michaud et aurait relancé le «débat politique».  

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« il ne fallait pas que l’Assemblée reconnaisse ses torts et il ne fallait pas mentionner le nom de M. Michaud »

Assez ‘fort’ ? Exactement l’inverse, quoi, de ce qui est requis en ce cas en guise de réparation. Savoir – ‘exonérer’ totalement et complètement Michaud, faire amende honorable à son égard, i.e. s’excuser dûment explicitement vis-à-vis lui, manifester ‘contrition’ et ‘ferme propos’ = ne plus jamais faire semblable affaire; puis, idéalement, inviter Michaud à l’Assemblée pour le remercier et le féliciter eu égard à tout ce qu’il a fait pour la québécité — (particulièrement la langue) — française; et, enfin, ultimement, l’honorer en lui décernant honneurs et décorations d’usage typiques de mérites reconnus à et par l’Assemblée nationale envers les plus grands contributeurs au Québec en général ou à l’État plus particulièrement; ce qui a été, à l’évidence, le cas de Michaud.

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Les tout derniers mots résument, ramassent on ne peut mieux, en UNE formule, quel est LE Problème, et de cette ANQ et de la société québécoise dans son ensemble – qu’elle reflète bien : serait appréhendé, plus que quoi que ce soit d’autre, que soit « relancé le ‘débat politique’ ». Imaginez. Alors qu’on est là justement pour ça, au parlement, pour débattre (« Journal des débats »…).

Et qu’appréhendent le plus les Québécois.es français.es? La « chicane ». On adore s’ostiner (à la légère), certes; mais confronter, sérieusement, en profondeur, idées, ou leurs énonciateurs ou dénonciateurs, ça, non. De telle sorte qu’ainsi demeure-t-on, indéfiniment, en l’approximatif, en l’indéterminé, en du non « solutionné ». Cette « affaire Michaud » ne l’illustrant que trop. De son tout début, jusqu’à sa fin – qui, incidemment, n’advient point. Ni n’adviendra probablement jamais. « Parti » comme c’est « parti » là (il faudrait dire « stâllé »).

Car n’aura-ce pas été cela, justement, le soigneux évitement de tout débat, qui aura amené cette dite « affaire Michaud »? Bien sûr que c’est cela. Il n’y avait pas eu une seule milli-seconde, alors, de débat, à propos de « l’Affaire ». Seulement un énoncé de blâme (infâme). Inventé. Patenté. Et, depuis lors, nul débat, nul retour sur la chose non plus à l’Assemblée même. À fin d’examiner où y aurait-il eu errance ou errements. Niet! Rien. Fuite. Silence. Ensevelissement. Chant du coq.

Comment, donc, pourrait-on en arriver un jour à éclaircissement ou « règlement » du cas, si on ne veut même pas en parler ou en entendre parler? Il ne saurait jamais y avoir libération (de) aujourd’hui, concernant de tels litiges, sans délibération. Or, comme celle-ci effraie chez nous, ou comme on trouve cela (trop) « fatigant » ou lassant [p’assez « amusant »] – délibérer; eh bien, on ne parvient jamais à réponse ou dénouement satisfaisants au sujet d’enjeux sérieux. Pis encore, en arrive-t-on, comme c’est arrivé cette fois-là, il y a vingt ans, en ce que le précédent président de l’Assemblée avait décrit « l’institution la plus noble », à ce que celle-ci devînt alors et perdure aujourd’hui encore comme la plus ignoble.

À force de dénis, de tabous, on s’enferre et s’enferme en irrésolu(s). Telle cette sombrissime « affaire ». Que tous historiens, sans exception, au cours des décennies et siècles prochains, ne pourront ne pas qualifier de ce qu’elle a été et n’aura cessé d’être : une tache, énormissime, sur le parlement québécois et sur la « tolérance » — (ou l’intolérance, la lâcheté, la couardise, la mesquinerie, l’iniquité, la petitesse, la bassesse) — à la québécoise; où s’avère-t-on éminemment plus prompt.e.s à « venir en aide » et à défendre des chevreuils, qu’à « secourir » d’indûment assaillis, tels ces Prud’homme ou Michaud, ou encore des enfants martyrisés ou à qui on enlève aussi impromptument qu’insensiblement leurs enseignantes.

Plus éloquente encore cette coutume-habitude québécoise française de « s’en prendre » aux « sien.ne.s », plus qu’aux « ‘autres’ ». Comme l’avaient tristement fait voir les « Événements d’octobre » (1970); et comme l’illustre à nouveau, si pathétiquement, ce cas Michaud. Qui, quoiqu’ayant tant fait pour la défense et la promotion de la québécité, ne sen voit pas moins méprisé, rejeté, tel un renégat; alors que si renégat(s) il y a, ç’aura été et c’est encore bien plutôt du côté de ses accusateurs et de ceux persistant à ne pas vouloir en reconnaître les nombreuses bienfaisances; persistant à vouloir n’en faire ressortir que « malfaisances » — malicieusement inventées ou « patentées » de surcroît.

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