Affaire Rick Dykstra: le résultat de l’enquête se fait toujours attendre

OTTAWA — Alors que les yeux de la planète sont rivés sur Washington et le sort du juge Brett Kavanaugh, un politicien conservateur canadien attend depuis huit mois la fin d’une enquête sur des allégations d’agression sexuelle contre lui.

Le chef conservateur Andrew Scheer promet toujours de rendre publiques les conclusions de l’enquête lancée en janvier sur l’ancien député Rick Dykstra. Le Parti conservateur lui aurait permis de se porter candidat en 2015 en sachant qu’il était soupçonné d’avoir agressé sexuellement une employée politique après une fête en 2014. L’affaire avait éclaté au grand jour après une publication du magazine Macleans qui s’appuyait sur une source anonyme.

Questionné à ce sujet vendredi, M. Scheer a indiqué qu’il n’avait pas le contrôle sur le délai de cette enquête.

«Je n’ai aucune direction pour la gestion de cette enquête, a-t-il indiqué dans un français approximatif. J’attends la réponse.»

Il a ajouté que le rapport serait disponible bientôt.

«On va avoir un rapport très tôt», a-t-il dit.

Le Parti conservateur avait demandé à l’avocate Carol Nielsen de faire la lumière sur la nomination de Rick Dykstra. L’enquête visait également à élaborer des procédures pour traiter ce type d’allégations.

Plusieurs députés conservateurs choqués par ces révélations avaient réclamé des explications. C’est le cas de Maxime Bernier, qui a depuis quitté le Parti conservateur pour former le Parti populaire du Canada.

«J’avais dit qu’il faut une enquête et qu’il faut que les résultats soient rendus publics», a-t-il rappelé vendredi.

D’autres enquêtes sur des allégations de harcèlement et d’inconduite sexuelle lancées par le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD) se sont conclues en quelques mois.

L’enquête sur les allégations d’inconduite sexuelle à l’endroit de l’ex-ministre libéral Kent Hehr, lancée en janvier, a duré quatre mois. À l’issue de cette investigation, il avait présenté ses excuses aux plaignantes. Le député avait pu demeurer au sein du caucus libéral, mais n’avait pas réintégré le conseil des ministres.

L’enquête sur des allégations de harcèlement envers le député néo-démocrate Erin Weir avait duré trois mois et s’est soldée par son expulsion du caucus en mai. Celle sur la députée Christine Moore, qui a été blanchie d’allégations d’inconduite sexuelle, a duré un peu plus de deux mois.

Rick Dykstra a siégé comme député conservateur à la Chambre des communes de 2006 à 2015 pour la circonscription de Sainte-Catharines en Ontario. Il a sollicité un autre mandat lors de l’élection fédérale de 2015, mais a perdu contre son rival libéral. Il est par la suite devenu président du Parti conservateur de l’Ontario, puis a démissionné en janvier lorsque ces allégations ont fait surface.

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