Agression sexuelle: le DPCP porte en appel la décision d’absolution d’un ingénieur

MONTRÉAL — Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé de porter en appel la décision d’un juge d’absoudre sous condition un ingénieur de Trois-Rivières auteur d’une agression sexuelle sur une femme pendant son sommeil. 

La procureure Audrey Roy-Cloutier, porte-parole du DPCP, en a fait l’annonce sur Twitter, mardi. La requête pour permission d’en appeler sera déposée au greffe de la Cour d’appel d’ici le 21 juillet, a-t-elle écrit. 

Dans une décision rendue en juin, un juge de la Cour du Québec à Trois-Rivières a choisi d’accorder à Simon Houle une probation et une libération conditionnelle, en partie parce qu’une condamnation l’empêcherait de voyager pour son travail d’ingénieur.

Houle a plaidé coupable d’agression sexuelle et de voyeurisme après avoir agressé une connaissance et pris des photos des parties intimes de son corps pendant qu’elle dormait en 2019.

Le juge Matthieu Poliquin a conclu que la victime avait subi un préjudice important à la suite de l’agression, notamment de la colère, de la honte, la peur de voir l’accusé et des conséquences sur son travail et sa vie personnelle.

Cependant, le juge a noté que l’agression s’est produite rapidement, ajoutant que Houle était une personne de bonne moralité qui a pris la thérapie au sérieux et pourrait devenir une personne utile dans sa communauté.

La victime a été avisée de la décision du DPCP, selon Me Roy-Cloutier. Une ordonnance limitant la publication de tout renseignement permettant de l’identifier est en vigueur, donc le DPCP ne commentera pas davantage ce dossier. 

Un groupe de défense des victimes d’actes criminels a exprimé son inquiétude après que Houle a obtenu une libération conditionnelle.

Marie-Christine Villeneuve, des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), a dit craindre que la peine légère puisse décourager les victimes et les rendre réticentes à signaler les agressions sexuelles.

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