Agressions sexuelles: le SPVM ferme la ligne de dénonciation temporaire

MONTRÉAL — La vague de dénonciations d’agressions sexuelles semble passée, du moins au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui annonce la fermeture de sa ligne temporaire de dénonciation.

Dans un communiqué diffusé lundi, le SPVM rappelle qu’il avait mis la ligne en place lorsque le mouvement avait pris «énormément d’ampleur» en octobre.

Cependant, les policiers disent avoir constaté «une importante baisse» du nombre d’appels depuis une semaine, d’où la décision d’en cesser les activités.

Depuis le 1er novembre, environ cinq appels par jour en moyenne ont été reçus alors que dans les jours précédents, il pouvait s’agir de 10 à 25 appels par jour, et bien plus avant. Le 20 octobre, par exemple, le SPVM avait compté 114 appels.

Le commandant de l’unité des crimes majeurs du SPVM, Vincent Rozon, a dit en entrevue qu’il y avait eu «une nette diminution».

Le service n’a pas chômé par contre: le SPVM a reçu pas moins de 463 appels entre le 19 octobre — moment de la mise en place de la ligne — et le 6 novembre.

Parmi les appels reçus, 98 ont mené à l’ouverture de dossiers d’agressions sexuelles, 10 appels étaient ce que les policiers qualifient d’«informations en lien avec des agressions sexuelles» — par exemple, quand un tiers appelle pour dénoncer une agression qu’a subie une autre personne — 295 étaient des «informations non criminelles» — des appels qui nécessitaient que la personne à l’autre bout du fil soit référée à un organisme d’aide mais qui ne visaient pas une agression sexuelle — et 34 dénonciations ont été transmises à d’autres corps policiers, puisque les actes reprochés n’avaient pas été commis à Montréal.

En plus de la ligne téléphonique, par ailleurs, les postes de quartier du SPVM ont aussi accueilli des victimes présumées et pas moins de 26 rapports ont été remplis sur place à la suite de dénonciations d’agressions sexuelles.

«La plupart des appels qu’on a reçus, étonnamment, ce sont des dénonciations qui remontent à cinq, 10, 15 ans, même 20 ans», a souligné le commandant Rozon.

Du personnel a été ajouté pour traiter ce volume de dénonciations: 17 enquêteurs se sont joints aux 33 permanents de l’unité. Ils sont donc 50 actuellement pour «faire face à la demande, à cet afflux d’appels», a précisé le commandant.

«On va garder ce nombre-là le temps nécessaire pour être capable de reprendre la situation en main», a-t-il ajouté.

Le SPVM rappelle que, même si les activités de la ligne de dénonciation prennent fin, les policiers demeurent toujours disponibles pour accueillir les témoignages de victimes dans les postes de quartier et qu’il est toujours possible de communiquer avec le 9-1-1.

Le corps policier répète qu’il est important de dénoncer lorsqu’une personne est victime d’agression sexuelle car il s’agit d’un acte criminel.

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