Aide à mourir: LeBlanc demande aux parlementaires d’être «responsables»

OTTAWA – Le leader du gouvernement en Chambre, Dominic LeBlanc, invite ses collègues à «éviter de prolonger le débat inutilement» sur l’aide médicale à mourir.

Et aux sénateurs qui disent préférer aucune loi à une loi imparfaite, il suggère de «réfléchir profondément aux conséquences de n’avoir aucun encadrement législatif pancanadien le 7 juin».

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. LeBlanc a précisé que le gouvernement était ouvert à des «amendements responsables» au projet de loi C-14, dont la constitutionnalité a été remise en question par de nombreux témoins qui ont défilé devant les comités de la Chambre et du Sénat.

Le gouvernement libéral espère faire adopter d’ici la date butoir du 6 juin cette pièce législative découlant de la décision rendue par la Cour suprême du Canada (CSC).

Les libéraux ont prévenu dès le dépôt de C-14, il y a exactement trois semaines qu’il était impératif de se doter d’un cadre réglementaire pour éviter un «vide juridique».

En l’absence d’une loi fédérale, l’aide médicale à mourir sera officiellement légale au pays dès le 7 juin, selon les paramètres précisés dans le jugement du plus haut tribunal au pays.

Cette situation serait loin d’être idéale, a insisté M. LeBlanc au cours d’une entrevue dans son bureau de l’édifice du Centre.

«Je comprends qu’en théorie, il y a un encadrement, mais ce n’est pas un encadrement, je dirais, accessible et simple», a-t-il offert.

Le projet de loi C-14 a franchi l’étape de la deuxième lecture à la Chambre des communes, appuyé par 235 députés contre 75, mercredi soir.

Le gouvernement avait mis fin au débat en deuxième lecture quelques heures auparavant, suscitant l’ire des partis d’opposition.

L’opposition n’a qu’elle à blâmer, ayant agi de manière irresponsable lors du débat en deuxième lecture, rétorque le leader du gouvernement en Chambre.

«Que deux députés conservateurs aient parlé deux fois à la même étape du projet de loi, qu’un député du Bloc ait parlé deux fois, ce n’est pas nécessairement une façon d’expédier le projet de loi», a-t-il regretté.

L’adoption en deuxième lecture permet au comité de la justice et des droits de la personne d’amorcer, lundi prochain, l’étude article par article de la mesure législative proposée.

Le projet de loi retournera ensuite en Chambre pour une troisième et dernière lecture avant de prendre le chemin du Sénat, où son sort sera scellé.

Il s’agit d’un échéancier extrêmement serré, surtout en considérant que les parlementaires ne siègent pas la semaine du 23 mai.