Aide gouvernementale de 50 M $: soulagement généralisé dans le monde du spectacle

Soulagement généralisé dans le monde du spectacle, qui se voit accorder un remontant de 50 millions $ par le gouvernement de François Legault.

«Un sacré bon point de départ», salue David Laferrière, président de l’association de diffuseurs RIDEAU. Selon lui, ce coup de pouce apporte enfin la prévisibilité nécessaire pour programmer des spectacles malgré l’incertitude ambiante.

Même son de cloche du côté de l’ADISQ, qui applaudit le souci de compenser les annulations tout en favorisant le maintien et le développement d’autres spectacles. «La prise de risques était rendue complètement démesurée», relève Solange Drouin, la vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’association de l’industrie musicale.

Ce soutien additionnel a été annoncé vendredi pour pallier les pertes encourues en billetteries, non seulement en zones rouges où les salles doivent carrément fermer, mais à travers la province.

L’aide doit s’élever jusqu’à 75 % des recettes qui auraient pu être engrangées au cours des six prochains mois, si ce n’était des restrictions sanitaires. La mesure s’adresse aux spectacles québécois des domaines des arts de la scène, de la musique, des variétés, de la littérature et du conte, a précisé la ministre de la Culture, Nathalie Roy.

Pour M. Laferrière, qui est également directeur général et artistique du Théâtre Gilles-Vigneault à Saint-Jérôme, les diffuseurs représentent un levier de choix pour s’assurer que tous les corps de métier touchent leur dû.

La ministre Roy a souligné que les organismes bénéficiaires devront démontrer que l’aide aura ruisselé jusqu’aux artistes, techniciens, artisans et autres joueurs impliqués.

«On le fait depuis toujours et on va continuer de le faire», avance M. Laferrière, qui se réjouit de cette reconnaissance de leur rôle dans l’écosystème artistique.

Dans un communiqué conjoint, l’Union des artistes, la Guilde des musiciens et des musiciennes du Québec ainsi que la Fédération nationale des communications et de la culture, affiliée à la CSN, ont dit accueillir favorablement ce répit, mais rappellent que des mesures «globales et pérennes» seront de mise pour relancer ce secteur gravement mis à mal par la crise.

«Très bientôt, il va falloir penser à une relance à long terme et non pas seulement de façon ponctuelle», acquiesce Solange Drouin, de l’ADISQ.

Mais pour l’instant, le gouvernement vise la bonne cible, à ses yeux, en facilitant la production de spectacles — une véritable «roue à emplois», fait-elle valoir.

Un reconfinement contesté

Quant aux cinémas et aux musées contraints de fermer leurs portes en zones rouges, à l’instar des restaurateurs et tenanciers de bars, ils auront droit au soutien aux entreprises présenté jeudi par le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Celui-ci prévoit le remboursement de la majeure partie de leurs frais fixes pour les quatre prochaines semaines, jusqu’à un maximum de 15 000 $. Parmi les frais admissibles figurent le loyer commercial, les permis, les taxes municipales et scolaires, les intérêts sur les prêts hypothécaires ainsi que les frais d’électricité et de gaz.

La mise en veilleuse du milieu culturel fait sourciller, tandis que les centres commerciaux et gyms peuvent pour leur part continuer d’accueillir des clients dans les régions ayant atteint le palier d’alerte maximale du gouvernement.

En conférence de presse vendredi, le premier ministre Legault a tenu à répondre à ceux qui plaident que les éclosions de COVID-19 ne sont pourtant pas retracées jusqu’aux théâtres et salles de projection, par exemple.

«Je pense que c’est une évidence quand on a 250 personnes qui se réunissent, même à deux mètres, qu’il y a des risques», a-t-il déclaré.

«Ce n’est pas un jugement de valeur sur le travail, sur les efforts qui ont été faits pour essayer de limiter les contacts.»

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