Aide internationale: les organismes n’attendent pas grand-chose du budget

OTTAWA – Les organismes d’aide internationale ne sont pas très optimistes relativement au budget fédéral qui sera déposé mardi et ne s’attendent pas à une hausse importante des dépenses dans le domaine du développement à l’étranger.

Le gouvernement conservateur avait gelé le financement de l’aide internationale en 2010, et renverser la tendance pourrait prendre encore au moins une année, ont estimé les principaux acteurs du milieu, lundi.

Même s’ils espèrent que les budgets subséquents leur alloueront davantage de fonds, les organismes ont affirmé que le gouvernement devait minimalement fournir un plan à long terme pour atteindre l’objectif établi par les Nations unies en matière d’aide internationale, soit 0,7 pour cent du produit intérieur brut (PIB).

Selon eux, les libéraux devront éventuellement prouver qu’ils sont sérieux lorsqu’ils disent vouloir redonner au Canada sa place dans le monde en remédiant à la chute des investissements dans l’aide internationale qui a relégué le pays dans la queue du peloton en Occident.

En février, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait déclaré à Ottawa qu’il voulait que le Canada respecte la cible de 0,7 pour cent.

L’an dernier, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait indiqué que le financement de l’aide internationale au Canada s’était établi à 0,24 pour cent du PIB en 2014, l’un des taux les plus bas observés dans le pays en une décennie.

Les libéraux, comme les conservateurs avant eux, ne se sont pas formellement engagés à atteindre l’objectif fixé par les Nations unies.

Le porte-parole de la ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau a refusé de commenter.

Gillian Barth, la présidente de CARE Canada, a révélé que le gouvernement fédéral avait prévenu les organismes de ne pas s’attendre à grand-chose cette année en raison de priorités nationales plus urgentes.

«Les grands changements surviendront en 2017, a-t-elle précisé. Ils ont envoyé un message très clair disant qu’ils appuyaient le programme d’aide internationale dans plusieurs domaines différents, alors nous nous réjouissons de ces signes positifs.»

D’autres organismes ont admis avoir espéré recevoir plus d’argent et plus rapidement.

Cicely McWilliam, conseillère principale en matière de politique pour Aide à l’enfance Canada, a expliqué que, puisque les libéraux tenaient le bon discours au sujet de l’augmentation du financement de l’aide internationale, elle leur accordait le bénéfice du doute.

«Ils ont droit à un peu de temps de préparation parce qu’ils sont nouveaux, parce qu’ils ont fait beaucoup de promesses sur le plan national et qu’ils ont un peu de marge de manoeuvre, a-t-elle affirmé. Mais à un certain moment, ils devront soutenir ce discours avec de l’argent.»