Aide sociale: des groupes pour les jeunes demandent l’intervention de Couillard

MONTRÉAL – Des groupes qui viennent en aide aux jeunes en difficulté demandent au premier ministre Philippe Couillard d’intervenir pour modifier l’approche de la réforme de l’aide sociale, qui est présentement à l’étude.

Six de ces groupes ont rencontré la presse, mardi à Montréal, pour expliquer leurs récriminations à l’endroit du projet de réforme et noter tout de même quelques améliorations, puisque le projet prévu au départ a été modifié.

Cette réforme de l’aide sociale instaure le programme Objectif emploi, qui vise particulièrement ceux qui font une première demande pour toucher des prestations. Par un «accompagnement personnalisé», Objectif emploi dirige ces premiers demandeurs vers un emploi, une formation ou un programme pour développer des habiletés sociales.

Ce qui irrite ces groupes, c’est qu’Objectif emploi prévoit des pénalités lorsqu’un premier demandeur refuse de participer aux programmes prévus. La prestation d’aide sociale de 623 $ pour une personne seule est alors réduite et ces réductions, pour absences par exemple, peuvent finir par donner un chèque de 399 $ par mois.

«Comment on va calculer que le jeune est absent? C’est à partir de quand? Si le jeune est déjà dans un programme mais qu’il se désorganise parce qu’il perd son logement ou qu’il a des problèmes de santé mentale, comment on va l’accueillir dans ces difficultés-là? Ce ne sont pas des jeunes qui ont des parcours linéaires, mais atypiques», a expliqué en entrevue Isabelle Gendreau, du Regroupement des Auberges du coeur.

Ils n’en ont pas contre les mesures de soutien ou d’accompagnement pour ces premiers demandeurs, ils en ont contre le fait que cela soit obligatoire, sous menace de pénalité financière.

Ces groupes soutiennent aussi que les programmes qui leur sont offerts sont en nombre insuffisant ou n’offrent pas suffisamment de places pour satisfaire la demande. Ils citent le cas d’un programme, à Thetford-Mines, qui n’avait que 12 places disponibles et qui a reçu 36 demandes.

Mme Gendreau déplore le fait que les autorités demandent aux jeunes de cadrer dans les programmes existants plutôt que d’élaborer un parcours qui correspond aux besoins du jeune demandeur.

Ces groupes concèdent que des améliorations ont été apportées depuis que le projet de réforme a été lancé, notamment un supplément de 260 $ qui est accordé aux personnes qui retournent aux études.

Néanmoins, ils demandent l’intervention du premier ministre Couillard pour corriger les aspects qu’ils dénoncent dans cette réforme.

La «Loi visant à permettre une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi ainsi qu’à favoriser l’intégration en emploi», qui avait été déposée par l’ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, est maintenant pilotée par le ministre François Blais.