Air Canada et WestJet reprennent la vente de sièges adjacents dès mercredi

MONTRÉAL — Les voyageurs se montrent ambivalents à l’idée d’embarquer dans un avion, tandis que les deux plus grandes compagnies aériennes au pays recommencent à vendre des sièges immédiatement adjacents à bord de leurs appareils.

À compter de mercredi, Air Canada et WestJet mettent fin à leurs politiques de distanciation des sièges qui visaient à prévenir la propagation de la COVID-19.

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada a exprimé des réserves face à la reprise de cette pratique, bien que la réglementation fédérale le permette.

« Nous pensons vraiment qu’il est important d’éviter autant que possible les contacts physiques étroits. Et sinon, portez le masque médical», a réitéré la Dre Theresa Tam lundi.

Le port du masque ou du couvre-visage est obligatoire depuis le 20 avril dans tous les vols.

Mais malgré cela, les voyageurs doivent prendre «des décisions difficiles», a ajouté la Dre Tam, et les gens devront évaluer leur besoin de se déplacer et le niveau de risque qu’ils sont prêts à accepter.

«C’est un peu effrayant pour tout le monde», affirme Karen Kabiri, qui a pris l’avion pour la première fois en cinq ans, lundi.

Le Torontois de 44 ans avait appris que sa mère était décédée la veille en Iran, à peine vingt jours après la mort de son père. Le professeur de piano s’est donc envolé vers Téhéran pour aller prêter main-forte à sa soeur en vue des arrangements funéraires.

Il a fait escale à Montréal, puis au Qatar. Puisque Transports Canada n’autorise désormais l’accès qu’au personnel et aux passagers, il a passé plusieurs heures à l’extérieur de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau avec son autre sœur, qui vit au Québec et qui n’a pas pu être du voyage.

M. Kabiri raconte qu’il avait ses appréhensions, mais Air Canada a fourni un masque, des gants, des lingettes désinfectantes et une bouteille d’eau à tous les passagers.

Claire Parois et sa fille de cinq ans sont pour leur part montées à bord d’un vol à destination de France, lundi, pour rejoindre ses parents après avoir reçu l’autorisation de rester en télétravail jusqu’à la fin août.

« Nous avons décidé de passer le reste de l’été chez mes parents où je n’ai pas à être une mère à temps plein et travailler à temps plein en même temps, ce que je fais depuis 15 ou 16 semaines », a expliqué Mme Parois, qui travaille pour les Nations Unies à Montréal. «Ç’a été vraiment, vraiment, vraiment difficile.»

«Ma principale crainte serait d’être infectée puis d’infecter mes parents. Sinon, je ne suis pas trop inquiète.»

La frontière du Canada étant toujours fermée à presque tous les non-résidents, les voyages internationaux ont à peine repris depuis leur dégringolade de 95% par rapport à l’année précédente au mois d’avril. Les vols intérieurs devraient toutefois connaître une hausse dans les semaines et les mois à venir, à mesure que les restrictions interprovinciales s’assouplissent et que l’économie poursuit sa relance.

Dans ses lignes directrices à l’intention de l’industrie de l’aviation, Transports Canada cite la distanciation physique comme l’un des «points clés» en vue de la prévention de la propagation du virus.

«Les exploitants devraient élaborer des lignes directrices sur l’espacement des passagers à bord des aéronefs lorsque cela est possible pour optimiser l’éloignement social», peut-on lire dans le guide du ministère, publié en avril.

Conformément aux directives fédérales, Air Canada et WestJet effectuent des contrôles de température avant l’embarquement et exigent le port du masque à bord. À la fin du mois de mars, les deux compagnies aériennes ont également mis en œuvre un nettoyage plus rigoureux des appareils et réduit les services disponibles à bord, éliminant les boissons et les repas chauds, de même que les aliments frais.

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