Air Canada : l’opposition s’organise en Abitibi-Témiscamingue

VAL D’OR, Qc — Une fois le choc de la nouvelle passé, l’opposition s’organise en Abitibi-Témiscamingue pour demander à Air Canada de revenir sur sa décision d’abandonner plusieurs liaisons aériennes régionales, dont celles reliant Val-d’Or à Montréal et Val-d’Or à Rouyn-Noranda.

Une demi-douzaine d’organismes publics de la région de Val-d’Or ont joint leurs forces pour faire des représentations auprès de la compagnie aérienne et des ministères concernés. En plus de la Ville de Val-d’Or, la Chambre de Commerce, la Société d’aide au développement des collectivités (SADC), la Corporation de développement industriel, La MRC de la Vallée-de-l’Or et Aéroport régional de Val-d’Or (ARVO) demandent le rétablissement de la desserte aérienne régionale.

«L’aéroport de Val-d’Or est le second aéroport régional le plus achalandé au Québec, note le maire de Malartic et préfet de la MRC de La Vallée-de-l’Or, Martin Ferron. En temps normal, ses vols sont presque toujours pleins. Cette décision réduit de manière insoutenable les possibilités de se déplacer tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de notre région et démontre un flagrant manque de considération de la part du transporteur. Les impacts sur le tourisme et l’économie seront ressentis bien au-delà de Val-d’Or et je m’attends à une mobilisation régionale. Nous ferons les représentations nécessaires pour maintenir nos services.»

De son côté, le président du conseil d’administration d’ARVO, Claude-Étienne Fournier, dénonce la façon cavalière d’agir d’Air Canada. «Nous sommes extrêmement déçus qu’Air Canada n’ait pas avisé les exploitants aéroportuaires avant de sortir leur communiqué. Nous aurions pu être à l’écoute de leurs besoins et entamer des discussions afin d’éviter l’interruption d’une liaison essentielle entre notre localité et les grands centres. Il s’agit d’une perte majeure de revenus pour l’aéroport. Considérant que nous sommes un organisme à but non lucratif qui retire ses revenus seulement de ce type d’activités, la pérennité financière se retrouve en péril. Mais nous ne baissons pas les bras.»

Les préfets se tournent vers l’UMQ

La Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue y va quant à elle d’actions en parallèle pour maintenir le service aérien pour la région. «On fait nos représentations auprès de l’Union des municipalités du Québec, indique le vice-président de la CPAT, Sébastien D’Astous. Les deux aéroports d la région sont parmi les plus achalandés au Québec, et les deux sont essentiels non seulement pour l’économie, mais aussi pour la santé, l’éducation et le Tourisme. »

Les partenaires ont réitéré que le transporteur aérien n’avait pas l’excuse économique pour annuler le service vers Val-d’Or, un service qui était en hausse avant la crise de la COVID-19. L’achalandage dans les appareils pour les liaisons et les escales à Val-d’Or avoisinait les 60 passagers par jour. Entre 2015 et 2019, le nombre total de passagers est passé de 16 530 à 20 878. «L’aéroport de Val-d’Or est une plaque tournante vers le Grand Nord, souligne Sébatien D’Astous. La situation est préoccupante, voire critique. Il faut que Québec et Ottawa réagissent.»

Parmi les explications qu’elle a fournies pour justifier sa décision, Air Canada disait perdre plus d’un million de dollars par jour à l’heure actuelle, et que les liaisons régionales ne se suffisaient plus à elles-mêmes. Le transporteur a donc éliminé 30 destinations régionales et huit escales pour au moins trois ans.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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