Airbnb: le député Vincent Marissal inquiet des réponses du ministre Girard

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal se dit inquiet des propos du ministre des Finances, Eric Girard, qui, selon lui, n’a aucune intention de freiner le phénomène Airbnb malgré les risques que ce service de location peut poser pour les grandes villes du Québec.

Lors de l’étude des crédits du ministère des Finances, mercredi matin, M. Marissal a questionné le ministre Girard, ainsi que Carl Gauthier, le président et chef de la direction de Revenu Québec, sur la réglementation du service de location international, qui est désormais répandu à Montréal et Québec.

Il a notamment demandé au ministre des Finances s’il entendait intervenir pour éviter que Airbnb ne se propage davantage, et qu’il devienne une «vache à lait» pour l’État. Seulement l’an dernier, le service a permis au Trésor québécois d’engranger des revenus de plus de 7 millions $, selon Revenu Québec.

M. Girard a répondu que le «règlement était perfectible», ajoutant que la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, avait déjà annoncé qu’elle souhaitait le mettre à jour. Il a conclu en disant que le gouvernement était «toujours ouvert à faire mieux».

Selon M. Marissal, la réponse du ministre démontre qu’il n’a pas l’intention de mettre un frein au phénomène, qui selon le député pourrait défigurer complètement l’urbanisme des villes.

Le député de Rosemont va même jusqu’à comparer Airbnb à un «parasite», qu’il faut encadrer à tout prix.

«Il ne s’agit pas de l’interdire, a-t-il soutenu en entrevue téléphonique. Il s’agit de le limiter pour que ça ne devienne pas une business, que des gens ne fassent que ça.»

Le député solidaire propose notamment de limiter le nombre de journées dans l’année pendant lesquelles les logements peuvent être loués.

Peu d’inspections

Carl Gauthier, le président et chef de la direction de Revenu Québec, a pour sa part été interrogé sur le nombre d’inspections qui ont été effectuées depuis le début de l’année. 

Pour toutes les catégories d’hébergement à Montréal — dont les hôtels, les gîtes et Airbnb — seulement sept inspections ont eu lieu en janvier, et trois se sont déroulées en février, selon le député solidaire. Et pour tout le Québec, en date du mois d’avril, il n’y avait eu aucun constat d’infraction pour une occupation illégale.

M. Gauthier a expliqué que Revenu Québec avait «volontairement» ralenti les inspections en attendant la mise à jour de la réglementation de la ministre Proulx.

«Lorsque ces changements-là seront faits (…) on pourra réaligner le tir avec une nouvelle phase où on entrera en action, mais on a besoin des changements réglementaires», a-t-il expliqué.

«Revenu Québec sera prêt», a-t-il assuré.