Airbus prévoit injecter jusqu’à 1,4 milliard $ dans l’A220 en 2020

MIRABEL, Qc — Le président et chef de la direction d’Airbus, Guillaume Faury, a annoncé que l’entreprise française prévoit investir jusqu’à 1,4 milliard $ cette année dans l’A220, l’avion commercial dont l’assemblage et la finition sont effectués à Mirabel.

Le premier ministre François Legault et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, étaient présents à l’usine de Mirabel, jeudi, pour rencontrer les dirigeants d’Airbus.

François Legault a déclaré avoir des frissons en voyant un A220 aux couleurs d’Air Canada. Le quatrième avion prêt à être livré au transporteur canadien se trouvait bien en vue dans le hangar où se déroulait la rencontre avec les médias.

«On va travailler très fort pour que l’appareil puisse percer davantage le marché des Amériques, a affirmé M. Legault. Il y a une opportunité extraordinaire pour que le Québec soit la porte d’entrée en Amérique pour les grandes entreprises françaises.»

Anciennement connu sous le nom de C Series de Bombardier, l’appareil est désormais propriété de la société en commandite Airbus Canada, dans laquelle Investissement Québec, le bras financier du gouvernement, détient une participation de 25 %.

M. Faury et le président et chef de la direction d’Airbus Canada, Philippe Balducchi, ont participé à la rencontre qui incluait une visite de l’usine.

En conférence de presse après la visite, M. Faury a révélé que le plan d’Airbus était d’investir entre 500 millions et un milliard d’euros (1,4 milliard $ CAN) pour l’année en cours dans le but d’améliorer la productivité et ultimement de réduire les coûts de fabrication de l’appareil.

«On croit vraiment dans le produit. On est dans la phase où il y a des investissements à faire. On est très convaincu que c’est un projet qui aura du succès à long terme et qui sera rentable», a insisté le pdg du géant de l’aviation.

Par ailleurs, le ministre Fitzgibbon s’est dit confiant que les Québécois puissent récupérer l’argent de leur investissement en 2026, soit la cible visée pour que l’A220 commence à réaliser des profits.

Pour y arriver, M. Faury résume la recette en trois points: «Il faut un bon produit, il faut investir pour son développement, il faut un succès commercial pour monter en volume et c’est ça qu’on est en train de créer», a-t-il dit en insistant sur l’importance de rendre l’avion compétitif.

Afin d’aider à réduire les coûts de fabrication de l’avion, Pierre Fitzgibbon promet que le gouvernement du Québec va faire sa part en aidant les fournisseurs québécois de l’aéronautique à augmenter leur compétitivité.

Des chiffres encourageants

D’après les chiffres fournis par Airbus, un total de 658 commandes fermes ont été reçues en date de janvier 2020, soit 95 pour le modèle A220-100 et 563 pour le modèle A220-300.

Déjà 107 avions ont été livrés en date de janvier 2020. Au cours du seul premier mois de l’année, Airbus a ajouté 58 nouvelles commandes dans son carnet.

De plus, selon les résultats d’une étude dévoilée par Aéro Montréal, réalisée par la firme PwC Canada, le programme A220 a généré des retombées de 6,6 milliards $ entre 2007 et 2018.

L’aventure de la C Series de Bombardier devenue Airbus A220 aurait également permis de soutenir 6437 emplois, majoritairement dans l’industrie aéronautique québécoise.

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