Alberta: appel au congédiement d’un chargé de cours niant le génocide ukrainien

EDMONTON — Certains étudiants de l’Université de l’Alberta réclament le congédiement d’un auxiliaire d’enseignement qui nie l’Holodomor, le génocide perpétré contre le peuple ukrainien par l’Union soviétique au début des années 1930.

Dans un message publié sur Facebook le 19 novembre dernier, Dougal MacDonald, chargé de cours au département d’enseignement primaire, a présenté l’Holodomor comme un mensonge perpétué grâce à des photographies trafiquées et des reportages diffusés par d’anciens collaborateurs nazis.

L’association des étudiants ukrainiens de l’université l’accuse de tenir un discours haineux dans cette publication et de ne pas être apte à enseigner.

Dans un courriel transmis à CTV News, M. MacDonald soutient avoir réalisé des recherches sur l’Holodomor pendant plusieurs années et avoir le droit de s’exprimer librement.

La famine provoquée délibérément par l’Union soviétique sous Joseph Staline a été reconnue comme un acte de génocide par le gouvernement du Canada et neuf autres pays en 2008. On estime que l’Holodomor a fait jusqu’à 10 millions de morts.

«La promotion du mythe anticommuniste et pronazi de l’Holodomor par (le premier ministre) Trudeau n’est pas un hasard», a écrit M. MacDonald sur Facebook.

«La promotion du mythe de l’Holodomor par le gouvernement Trudeau s’inscrit encore dans son programme politique visant à réécrire l’histoire pour servir ses propres intérêts, tout en prétendant faussement soutenir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit», a-t-il ajouté.

Ivanka Soletsky, membre de l’association des étudiants ukrainiens, fait valoir qu’une personne défendant de telles positions dans le contexte actuel d’instabilité politique ne devrait plus être en mesure d’enseigner à l’université.

«Les étudiants ont beaucoup de respect pour leurs professeurs (…) et les croient généralement sur parole, parce que nous supposons qu’ils savent de quoi ils parlent, a-t-elle déclaré. Dans ce cas-ci, M. MacDonald fait des déclarations allant à l’encontre de faits historiques reconnus par le gouvernement du Canada depuis plus d’une décennie.»

D’autres organisations, comme le Congrès des Ukrainiens-Canadiens, en appellent également à son congédiement immédiat.

La Fédération juive d’Edmonton a fait sa propre déclaration sur Facebook, en parlant d’un révisionnisme «dangereux».

Dans son courriel au réseau CTV, M. MacDonald a affirmé que les membres de l’association étudiante ukrainienne sont simplement choqués par le fait qu’il ne partage pas leur avis.

«Ils prétendent avec arrogance que mon désaccord signifie que je ne suis pas autorisé à parler … Je ne débats pas avec ce genre de personnes.»

Dans un communiqué, l’Université de l’Alberta a déclaré que les points de vue de M. MacDonald ne représentent pas ceux de l’établissement, mais qu’il a le droit de les partager.

La vice-provost Wendy Rodgers a déclaré que l’université «surveille de près» cette situation, mais qu’aucune mesure ne serait prise.

M. MacDonald s’est porté candidat pour le Parti marxiste-léniniste dans la circonscription d’Edmonton-Strathcona lors des deux dernières élections fédérales.

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