Alberta: dévoilement des règles concernant les parcs provinciaux «abandonnés»

EDMONTON — Les Albertains s’attendent à savoir lundi de quelle manière pourront-ils reprendre contrôle des 164 parcs provinciaux et sites récréatifs dont le gouvernement ne veut plus.

Les détails de la décision, annoncée en mars, seront dévoilés malgré les inquiétudes de milliers de personnes, incluant des utilisateurs, des entrepreneurs, des municipalités régionales et les partis d’opposition.

«La colère des Albertains par rapport à ce sujet est sans précédent, a dit Katie Morrison de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP). Il est incroyable de voir que leurs inquiétudes sont ignorées.»

Le ministre de l’Environnement, Jason Nixon, a affirmé que le gouvernement du Parti conservateur uni prévoyait fermer totalement ou partiellement 20 parcs provinciaux et céder la gestion de 164 autres à de tierces parties. Les sites pour lesquels aucun gestionnaire n’a été trouvé perdront leur statut de parc et redeviendront des terres de la Couronne, qui peuvent être revendues.

Environ 16 000 hectares seront touchés — un petit nombre par rapport à l’ensemble du système de parcs, mais environ le tiers des sites gérés par la province. Les documents budgétaires suggèrent que cette décision permettra à la province de sauver environ cinq millions $.

Alberta Environment a promis de dévoiler lundi les directives concernant le fonctionnement des «partenariats».

Des milliers de personnes ont signé des pétitions et des lettres pour manifester leur désaccord.

«Des centaines d’entreprises albertaines dépendent des bénéfices économiques créés par l’accès aux parcs et aux espaces naturels de l’Alberta», a été écrit dans une lettre ouverte.

«Nous incitons (le gouvernement) à renverser cette décision et entreprendre une consultation publique compréhensive et de bonne foi.»

Le responsable des Municipalités régionales de l’Alberta a affirmé vendredi que certaines de ses inquiétudes ont été apaisées après une rencontre avec le ministre Nixon, mais il tient néanmoins à obtenir des assurances concernant l’impact de la décision sur ses membres.

«Nos municipalités ne devraient pas avoir à payer le prix», a dit Al Kemmere.

M. Nixon a affirmé que la décision avait pour objectif d’économiser de l’argent, moderniser les parcs et concentrer les dépenses sur les espaces naturels principaux de la province.

Les opposants au projet soutiennent toutefois que M. Nixon refuse de discuter du plan.

«Je ne qualifierais pas notre relation d’amicale», a dit Malin Schmidt, responsable de l’environnement au sein de l’opposition néo-démocrate.

Il a noté que son bureau avait reçu plus de lettres sur les parcs que tout autre sujet, autre que la pandémie.

«Il n’y a eu aucun signe permettant de croire que le gouvernement songe à modifier son plan.»

M. Schmidt croit que les Albertains méritent d’avoir leur mot à dire au sujet d’un changement aussi important dans le système des parcs — surtout à une époque où la pandémie a sérieusement limité les capacités de dépenser.

«Nous croyons sincèrement qu’il n’y a personne présentement en position pour accepter la gestion des parcs.»

M. Kemmere a affirmé qu’une poignée de municipalités souhaitaient gérer les parcs, mais que cet intérêt avait été manifesté avant la pandémie.

«Tout dépendra de la valeur (que le gouvernement) affichera et ce qu’ils sont prêts à investir. Mais nous espérons que cette situation ne se transformera pas en mécanisme pour rejeter les dépenses sur un autre palier gouvernemental.»

Des partenariats pour la gestion des parcs publics ne sont pas nécessairement une mauvaise idée, a indiqué Mme Morrison. Elle croit toutefois que le public aurait dû avoir son mot à dire dans la définition des règles et que les parcs ne devraient pas pouvoir perdre leur statut.

Le ministre Nixon a affirmé qu’aucun ancien parc ne sera revendu.

«Je crois à cette affirmation à court terme, a dit Mme Morrison. Mais ce gouvernement a démontré qu’il était prêt à vendre des terrains publics.»

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