Alek Minassian aurait de la difficulté à décoder les émotions, selon une psychiatre

TORONTO — Une psychiatre appelée à témoigner au procès d’Alek Minassian, accusé d’avoir foncé sur des piétons avec une fourgonnette à Toronto, tuant dix personnes, a soutenu mercredi que l’accusé avait de la difficulté à comprendre ses propres émotions et celles des autres.

La docteure Rebecca Chauhan affirme qu’Alek Minassian n’arrive pas à mesurer l’ampleur des difficultés vécues par ses parents depuis le jour de l’attaque, le 23 avril 2018.

Alek Minassian a plaidé non coupable à dix chefs d’accusation de meurtre au premier degré et à 16 chefs d’accusation de tentative de meurtre. La défense soutient qu’il devrait bénéficier d’un verdict de non-responsabilité criminelle en raison d’un trouble du spectre de l’autisme.

L’homme de 28 ans a admis au tribunal avoir planifié et perpétré l’attaque au véhicule-bélier. L’enjeu du procès consiste à déterminer dans quel état mental il se trouvait au moment de commettre ses crimes. 

Le père de l’accusé a témoigné plus tôt cette semaine que son fils prétendait n’avoir rien fait de mal, qu’il n’avait exprimé aucuns remords ni formulé des excuses pour l’attaque.

La docteure Rebecca Chauhan dit avoir rencontré Alek Minassian trois fois, en septembre 2018, pour une évaluation clinique. «Mon opinion était qu’il souffrait réellement d’un certain degré de cécité mentale, d’un déficit de théorie de l’esprit», a soutenu la psychiatre.

«Il semblait avoir de la difficulté à véritablement comprendre le monde intérieur des autres personnes et pourquoi les gens pouvaient se retrouver dans une grande détresse», a-t-elle ajouté.

Selon elle, Alek Minassian arrive aussi difficilement à décrire ses propres émotions. Le témoin expert a affirmé que l’accusé n’avait démontré aucune émotion lors de ses entretiens avec elle.

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