ALÉNA: La date butoir est encore flexible, mais le temps presse pour le Canada

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et son équipe de négociateurs se sont lancés dans un blitz de pourparlers de dernière minute afin de permettre au Canada d’adhérer à la nouvelle version de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avant lundi, la date limite imposée par les États-Unis.

Avec la publication imminente du texte de l’accord commercial conclu entre les États-Unis et le Mexique, et les efforts déployés par le nouveau président mexicain pour convaincre Washington de s’entendre avec Ottawa, la pression politique pour la signature rapide d’un nouvel ALÉNA est à son comble.

Mme Freeland, qui prononcera un discours au nom du Canada à l’assemblée générale des Nations unies à New York samedi, a participé à une téléconférence vendredi soir avec les négociateurs canadiens dans la capitale américaine, a révélé une source à La Presse canadienne.

D’après cette source, les États-Unis savent ce qu’ils doivent faire pour conclure une entente et la balle est donc dans leur camp. La source a ajouté que le Canada se concentrait sur le contenu, pas sur l’échéancier.

Avec raison: selon des analystes et des initiés, la date butoir fixée par les États-Unis pour forcer le Canada à signer avant lundi n’est pas coulée dans le béton. Le gouvernement de Justin Trudeau aura encore le temps de négocier avec l’administration de Donald Trump par la suite.

Ces mêmes experts préviennent toutefois que le temps commence à manquer pour Ottawa.

Le Mexique et les États-Unis avaient annoncé leur propre accord bilatéral le mois dernier, déclenchant une nouvelle série de négociations entre Washington et Ottawa en vue d’intégrer le Canada au nouvel accord.

Le texte officiel doit être publié avant dimanche afin qu’il puisse être déposé au Congrès des États-Unis d’ici la fin du mois et déclencher le délai de préavis de 60 jours permettant aux législateurs de l’approuver. Ce qui permettrait de donner le feu vert à l’accord avant le 1er décembre, date à laquelle le nouveau gouvernement mexicain récemment élu doit entrer en fonction.

Selon de nombreuses sources, les enjeux qui achoppent entre Ottawa et Washington incluent les produits laitiers, l’exception culturelle canadienne et le Chapitre 19, qui permet aux commissions indépendantes de résoudre les différends entre des entreprises et des gouvernements.

Une source indique que le chapitre 19 n’a pas survécu à la nouvelle entente entre les États-Unis et le Mexique, mais que le chapitre 20, qui concerne les conflits entre États, a été conservé dans son intégralité.

L’ambassadeur du Mexique, Dionisio Perez Jacome, a réitéré la volonté de son pays de signer un accord trilatéral. Il a fait cette déclaration, jeudi, lors d’un discours prononcé devant le Global Business Forum à Banff, en Alberta.

Il a dit espérer que le Canada puisse être inclus dans le texte immédiatement, mais n’a pas fermé la porte à ce qu’il puisse être intégré quelques jours plus tard.

Selon certaines sources, le Mexique comprend très bien que le gouvernement Trudeau attende l’élection d’un nouveau gouvernement au Québec, lundi, car toute éventuelle concession accordant un plus grand accès au marché des produits laitiers aurait l’effet d’une bombe politique dans les derniers jours de la campagne électorale provinciale.

Une source proche des négociations a affirmé à La Presse canadienne que la grande majorité du texte de l’entente américano-mexicaine, soit plus de 20 chapitres sur une trentaine, ne cause pas le moindre problème pour le Canada.

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