Alerte COVID: 3,4 millions de téléchargements et 856 alertes en deux mois

OTTAWA — La nouvelle application que les Québécois peuvent télécharger depuis lundi a servi jusqu’à maintenant à 856 Canadiens qui, lorsqu’ils ont reçu un diagnostic de COVID-19, ont vu leurs contacts avertis.

Impossible de savoir combien de citoyens ces 856 alertes ont permis de joindre grâce à l’application.

«On n’est pas en mesure en ce moment de déterminer le nombre de notifications», a admis Marika Nadeau, directrice générale à Santé Canada, lors d’une séance d’information technique.

«On est en train de travailler avec les provinces et les territoires pour voir s’il y a peut-être une façon de faire une détermination, mais on n’a pas de chiffres (pour) le nombre de notifications à ce stade-ci», a expliqué Mme Nadeau.

Santé Canada offrait, mardi matin, cette mise à jour de l’utilisation de l’application Alerte COVID que Québec a boudée jusqu’à cette semaine.

Il y a eu jusqu’à maintenant 3,4 millions de téléchargements à travers le Canada. De ce nombre, 160 000 dataient de moins de 24 heures.

Les fonctionnaires fédéraux ne pouvaient pas dire si ces récents téléchargements ont été faits au Québec ou ailleurs, étant donné les paramètres qui protègent la vie privée.

Lundi soir, le premier ministre François Legault a enjoint tous les Québécois à télécharger cet outil dans leur téléphone intelligent.

«C’est sûr, avec l’annonce du Québec hier, il y a peut-être une tendance (…) mais on n’est pas capable de déterminer (…) d’où les téléchargements viennent», a dit Mme Nadeau.

L’administrateur en chef adjoint de l’Agence de la santé publique du Canada, Howard Njoo, n’a pas hésité, lui, à vanter l’adhésion québécoise à l’application. «Vous savez, l’application est entrée en fonction au Québec il y a à peine quelques heures et, déjà, 15 clés à usage unique ont été entrées», a-t-il rapporté au cours d’un point de presse, en après-midi, mardi.

La clé à usage unique est ce code que l’utilisateur de l’application saisit dans son téléphone lorsqu’il reçoit un diagnostic de COVID-19 afin qu’Alerte COVID envoie des notifications aux personnes qui l’ont côtoyé.

Au côté du Dr Njoo, le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a préféré ignorer une question sur les possibles «dommages» provoqués par la décision de Québec de refuser cette application pendant deux mois, avant de se raviser.

Santé Canada est, pour le moment, incapable d’évaluer l’efficacité de l’outil. Mme Nadeau a simplement répété, à quelques reprises, que plus il y aura de téléchargements d’Alerte COVID, plus l’application sera utile.

Elle a également précisé que les notifications envoyées, anonymement, aux personnes qui ont été en contact avec quelqu’un qui a développé la maladie ne remplacent pas le traçage fait par les autorités locales de santé publique.

«C’est un complément au traçage manuel», a souligné Mme Nadeau qui ne peut pas, non plus, «quantifier l’impact que ça a sur (le travail des autorités de) la santé publique des provinces et territoires».

Deux provinces n’ont pas encore accepté d’installer l’application chez elles: l’Alberta et la Colombie-Britannique. Dans le cas des Albertains, ils avaient déjà leur propre application provinciale et il s’agit de trouver une façon de passer à l’outil national.

La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont annoncé leur intention d’utiliser Alerte COVID et l’application y sera disponible dans les prochains jours.

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