Gabriel Nadeau-Dubois fait le saut en politique avec le coeur à gauche

Photo: PC/Graham Hughes
Photo: PC/Graham Hughes

Sans surprise, l’ancien porte-parole étudiant Gabriel Nadeau-Dubois a confirmé jeudi qu’il se lançait en politique sous la bannière du parti de gauche Québec solidaire.

M. Nadeau-Dubois espère représenter QS dans la circonscription montréalaise de Gouin et devenir également coporte-parole du parti. Il n’a pourtant jamais été membre de Québec solidaire «avant maintenant», a-t-il admis au cours d’une conférence de presse à Montréal.

Il a décrit le Parti libéral comme son principal adversaire politique, mais n’a pu s’empêcher d’écorcher le Parti québécois, disant avoir peine à suivre Jean-François Lisée, qui change constamment de position, selon lui.

«Il faut qu’on soit un pays», a-t-il toutefois lancé, en réitérant sa foi pour un Québec souverain.

«J’ai le coeur à gauche», mais «je n’ai aucune envie d’un virage identitaire au Québec», a-t-il clamé.

Il reproche au PQ d’avoir déjà défendu les hydrocarbures et le déficit zéro et de prendre aujourd’hui un virage identitaire. Mais, du même souffle, il croit pouvoir s’entendre avec le PQ «de manière ponctuelle» et souhaite poursuivre les échanges qui ont été entamés entre les formations politiques.

Il a surtout prôné un rapprochement avec le petit parti Option nationale, affirmant que QS et ON partagent le même projet de société.

La circonscription de Gouin est devenue vacante après le départ de Françoise David, qui s’est retirée de la politique, se disant épuisée. Mme David était également coporte-parole du parti, qui a toujours eu deux coporte-parole, un homme et une femme, plutôt qu’un seul chef comme les autres formations.

L’autre coporte-parole, Andrés Fontecilla, a aussi fait part de sa volonté de céder son poste, afin de faire place à la relève.

L’assemblée d’investiture de Québec solidaire dans Gouin doit avoir lieu le 26 mars. Le congrès de Québec solidaire doit avoir lieu le 21 mai.

M. Nadeau-Dubois a été une figure de proue de la «grève» étudiante du printemps 2012 lorsqu’il était porte-parole de la CLASSE (Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante), le regroupement le plus militant.

Il avait vite été remarqué pour son sens de la répartie, son charisme et sa vision politique et sociale, qui était beaucoup plus étendue que les strictes revendications étudiantes.

Mais il avait également suscité la controverse en refusant de dénoncer le vandalisme et la violence qui avaient cours lors de certaines manifestations étudiantes, en affirmant qu’il n’avait pas le mandat de les dénoncer.

Il affirme aujourd’hui avoir «pris du recul et de l’expérience» depuis son militantisme étudiant, il y a cinq ans. Il avoue avoir quitté le mouvement «fatigué», puis avoir «douté, ces dernières années» quant à savoir s’il était vraiment possible de changer la société comme il le souhaitait. Sa tournée récente du Québec lui a fait voir que c’était le cas, a-t-il soutenu.

Plus récemment, il a collaboré à un ouvrage collectif, «Ne renonçons à rien», après avoir effectué une tournée du Québec baptisée «Faut qu’on se parle», pour écouter ce que les citoyens avaient à dire, selon lui. Auparavant, il avait également publié «Tenir tête».

D’ailleurs, il en a fait rire plus d’un en promettant de travailler en équipe — ce qui est nécessaire en politique — et de ne pas incarner «le P. K. Subban de la politique».


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La seule et unique chose que je considère comme positive dans ce geste, c’est que GND enlèvera des votes au PQ ce qui est une excellente chose et je ne vois personne d’un autre parti politique provincial changer son vote pour QS suite à cette annonce.

GND , comme Françoise David, est un paradoxe ambulant.
Il se dit indépendantiste mais joint un parti qui prône l’altermondialisme et la disparition des états-nations.
Il se dit souverainiste québécois mais endosse le multiculturalisme qui nie la spécificité nationale des Québécois.
Vivre un paradoxe, en fait, est une forme de mensonge.

Le PQ a renoncé au séparatisme il y a plusieurs années (voir le petit stratagème à deux balles de Lisée sur le prochain référendum!) d’où, je présume, la préférence de GND pour autre chose que ce parti en perdition. Bref, il pense au futur…

J’imagine également qu’il se sentira plus à l’aise dans un parti clairement d’extrême-gauche plutôt que dans un parti québécois bassement opportuniste qui navigue mollement à vue, tantôt à gauche, tantôt au centre et tantôt à droite (voir les différents chefs qui les ont guidé) et dont les virages incompréhensibles et détours impénétrables ont miné à jamais la crédibilité.

Donc, au final, il a des principes, LUI, d’où son attirance pour QS.

@ Francois Ricard,

Le paradoxe étant selon le dictionnaire de l’Académie française, je résume : « une contradiction logique et sans faille apparente »…. Pour cette raison, je ne suis pas sûr que ces singularités que vous mentionnez relèvent réellement du paradoxe ou bien si elles relèvent « un peu » plutôt de l’opportunisme politique ?

Disons qu’en ce domaine : la politique…. On n’est peut-être pas en général à moindre petite contradiction près.

Le paradoxe ne relève pas nécessairement du mensonge, il est plutôt révélateurs des dilemmes auxquels nous sommes confrontés pour pouvoir exister. Ainsi est-il possible par exemple d’être grand et fort et refuser en même temps toute forme de compétition ? Que vous répondiez « oui » ou « non », il est possible que vous soyez confronté à un paradoxe sans être un menteur pour autant.

Bienvenu dans la galère…
Vous faites partie de cette nouvelle génération de politiciens qui n’ont pas peur de dire les vraies affaires et refusent les modèles des vieux partis caractérisés par la langue de bois, l’hypocrisie et le mensonge éhonté pour cacher leurs vrais intérêts électoralistes, partisans et économiques.
Bien que le pouvoir corrompt, il est rassurant de voir de nouveaux venus qui sont à des lieux de se laisser influencer ou corrompre par la ligne de parti, les obligations de retour d’ascenseur aux contributions électorales et amis du parti et autres scandales qui minent notre confiance en nos politiciens et notre démocratie.

Facile pour ce mini-Lenine de na pas « avoir peur de dire les vraies affaires » vu qu’il n’est pas encore élu et qui plus est, s’il le devient, il moisira dans l’opposition durant toute la vie.

On disait les mêmes choses à propos des péquistes en 1976 et 4 ans plus tard, ils perdaient leur référendum et les ministres seniors, dont Jacques Parizeau, abandonnaient lâchement René Lévesque à son propre sort.