L’Ordre des ingénieurs mis sous tutelle par décret du conseil des ministres

QUÉBEC – À court d’argent et éclaboussé par les malversations de certains de ses membres durant la commission Charbonneau, l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a été mis sous tutelle mercredi par décret du gouvernement, en raison des crises internes qui le secouent.

L’OIQ a dit être «déçu» de cette décision, prise à la suite de l’entrée en fonction d’un tout nouveau conseil d’administration élu à la fin du mois de mai.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui est aussi responsable de l’application des lois professionnelles, a déclaré que cette tutelle visait à accompagner le conseil d’administration dans le redressement durable de la situation et de la gouvernance de l’Ordre.

Dès lors, les décisions du conseil d’administration seront soumises à l’approbation des trois administrateurs désignés par le gouvernement, Michel Pigeon, Johanne Brodeur et François Renauld. Ces trois administrateurs pourront aussi recommander au conseil d’administration d’adopter des résolutions afin que l’OIQ remplisse les devoirs qui lui sont imposés par le Code des professions, peut-on lire dans un communiqué.

Des accompagnateurs avaient été désignés en 2014 pour suggérer des pistes de solution, mais la réponse de l’Ordre à leur rapport est jugée insatisfaisante, a indiqué la ministre.

Mme Vallée a aussi évoqué les «problèmes d’éthique et de déontologie» soulevés par la commission Charbonneau. De même, les conflits entre le conseil d’administration et la direction générale perdurent, a-t-elle souligné.

«L’Ordre est secoué par plusieurs crises internes depuis 2013-2014, a rappelé la ministre dans un point de presse à l’issue du conseil des ministres. Il y a encore énormément de travail à faire pour que l’Ordre puisse assurer sa mission première, qui est d’assurer la protection du public, d’assurer les inspections professionnelles, de permettre au syndic de jouer pleinement son rôle.»

En effet, les finances sont mal en point et mettent en péril le travail du syndic, qui n’arrive plus à assurer l’inspection des membres, le contrôle des activités professionnelles et le traitement du grand nombre de plaintes, a précisé Mme Vallée.

Le mandat des trois administrateurs consiste à «remettre l’Ordre sur ses pieds, lui redonner ses lettres de noblesse», en s’assurant d’une part que le syndic ait les ressources nécessaires pour effectuer son travail, et d’autre part, que la régie interne soit «saine et efficace», a expliqué la ministre.

En fin d’après-midi mercredi, l’OIQ a fait savoir par communiqué qu’il était «déçu» de la tutelle, qui survient «après une année d’efforts et de résultats en lien avec sa mission de protection du public».

La présidente, Kathy Baig, a dit souhaiter que «les trois nouveaux administrateurs reconnaissent le travail accompli jusqu’à maintenant par l’Ordre».

Mme Baig a été élue présidente de l’OIQ à la fin mai. Le taux de participation avait toutefois été plutôt faible, à 16,58 pour cent.

Pas plus tard qu’au début mai, l’OIQ était encore plongé dans la tourmente. Son président d’alors, Jean-François Proulx, était visé par des allégations de harcèlement psychologique et avait tenté, en vain, de déloger la direction générale, selon ce qu’avait rapporté le quotidien «La Presse».

En début d’année, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avait par ailleurs mené des perquisitions dans les bureaux de l’OIQ.

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Ni le syndic de l »Ordre ou l’Ordre elle-même ne pourra plus lécher le derrière de ses membres. Il en sera de même pour plusieurs « confréries » telles que le syndic du Barreau, l’Ordre des médecins pour ne nommber que ces derniers, d’ici peu. Le gouvernement du Québec et celui du Canada travaillent sur un projet de loi depuis environ une année sur la refonte des Codes des professions des provinces qui incluera la structure de syndics plus impartiaux et composés de 50% de citoyens qui devront répondre à certaines qualifications pour y accéder, celles-ci étant différentes selon l’Association, l’Ordre and co.

Il y a longtemps que les ordres professionnels, censés protéger le public, je vous le rappelle, ont perdu toute leurs crédibilité auprès de ce même public.

Leurs performances relèvent du burlesque et de la bouffonnerie.

Plus d’un siècle en fait, j’en conviens. Il est conséquemment grand temps que les gouvernements mettent leurs culottes. Ainsi la gagne de Bum à gros prix « devront prendre le bord » et c’est parfait. L’ère du troisième millénaire est celui de passer à la caisse, il y eut Wikileaks qui a fait une grande différence en ce qui a trait à ce que les Américains cessent de se mêler de ce qui ne les concerne pas, l’industrie de la guerre a connue une baisse de 37% aux USA depuis 2014 et le nettoyage en profondeur n’est pas terminé. Il y a 24% de moins de permanents à la défense nationale, ceci représente 263,000 personnes de moins qu’en 2014.

Il y a eut l’affaire Snowdon puis les Panama papers qui viendra remettre de l’ordre dans les lois bancaires partout sur la planète, le nettoyage est déjà engagé depuis un an.

Il y a de plus en plus de groupe de délateurs et combiens de policiers se sont fait mettre à la porte depuis cinq années, une chose qui nous n’avions jamais vu depuis 100 ans si ne n’est que New York (1973 et 1990), New Orleans, Los Angeles, toutes provoquées par de la délation.

Les jeunes sont mal scolarisé mais ne sont pas des fous. Ils ne s’assoient pas confortablement dans leur fauteuils pour regarders les autres, manifester pour une justice sociale. Ça brasse depuis la débâble de 2007 et ça brasse de plus en plus, et encore, ce n’est pas terminé, bien au contraire !

« À la suite de l’entrée en fonction d’un tout nouveau conseil d’administration… »
Je crois qu’on oublie de mentionner que suite à l’élection récente, l’ancienne vice-présidente et devenue présidente, que l’ancien président (visé par des accusations de harcèlement psychologique) a été nommé vice-président, et qu’une majorité d’administrateurs ont été reconduits dans leurs fonctions. Nouveau conseil? Voyons-là plutôt une raison pour la ministre de mettre en tutelle l’OIQ, puisqu’on ne peut espérer que le même conseil change soudainement sa façon de faire. La « nouvelle » présidente dit souhaiter que les « efforts » de changement déployés par l’OIQ jusqu’ici soit reconnu, mais nous attendons toujours qu’elle reconnaisse elle-même le peut d’impact sur l’assainissement de l’Ordre et sur sa mission de protection du publique (PAS la protection des ingénieurs) que ces efforts ont apportés.

Une fois le ménage accompli, on pourra alors créer un ordre professionnel pour nos profs et enfin briser les chaînes qui les emprisonnent à leurs syndicats.