Les grévistes de l’usine CAMI de GM à Ingersoll approuvent l’entente de principe

MONTRÉAL — Les travailleurs de l’usine CAMI de General Motors à Ingersoll, en Ontario, ont approuvé lundi l’entente de principe conclue à la semaine dernière, ce qui met fin à une grève de quatre semaines. 

L’entente de principe avait été conclue vendredi et le syndicat Unifor, qui représente 2500 des 2800 travailleurs affectés, avait recommandé son approbation.

Selon le syndicat, près de 86 pour cent des travailleurs de l’assemblage et 79 pour cent des travailleurs spécialisés ont voté pour l’accord. Environ 2400 travailleurs ont voté.

«On n’obtient jamais tout ce que l’on veut, mais dans l’ensemble, nous sommes prêts à rentrer au travail», a affirmé le président de la division CAMI pour la section locale 88, Mike Van Boekel, lors d’un entretien.

Même si GM ne s’est pas engagé à faire des investissements précis dans l’usine CAMI, celle-ce restera le principal centre de production du véhicule utilitaire sport Equinox, avec trois quarts de travail.

GM avait menacé, la semaine dernière, de transférer une plus grande partie de la production vers le Mexique si une entente n’était pas conclue rapidement.

«Nous voulons des investissements, nous voulons de la production pour l’avenir, nous voulons plein de trucs, mais tant et aussi longtemps que nous continuerons à produire comme nous le faisons actuellement, je crois que notre avenir est bon», a poursuivi M. Van Boekel.

Selon lui, les travailleurs obtiendront des hausses de salaire de deux pour cent lors de la première et la quatrième année de l’entente, ainsi qu’une prime de signature de 6000 $ et des primes annuelles de 2000 $ à Noël.

Le constructeur automobile sera forcé de payer 300 millions $ pour toute future coupe d’emplois. Environ 400 travailleurs sont actuellement mis à pied. Des offres de départ à la retraite seront présentées à environ 100 travailleurs, afin que ceux-ci soient remplacés par des collègues mis à pied.

Les grévistes reprendront leur travail à compter de 23 h 00 lundi.

De son côté, GM du Canada a estimé que la ratification de l’accord était une bonne nouvelle pour l’entreprise, pour ses employés et pour la communauté.

«Nous avons un nouveau produit exceptionnel à CAMI avec la Chevrolet Equinox, et j’ai bon espoir que nous saurons rapidement nous regrouper et continuer à montrer au monde la productivité, l’innovation et la qualité extraordinaires qui sont propres à l’effectif de CAMI», a affirmé Steve Carlisle, président et directeur général de General Motors du Canada.

Selon lui, les défis attribuables à la grève ont été difficiles pour tout le monde.

«Avec le récent investissement de 800 millions $ à l’usine CAMI et cette entente, il revient à chacun de nous de mettre en évidence la valeur inégalée que nous livrons en tant que leader dans le secteur automobile canadien», a-t-il ajouté.

«J’ai bon espoir qu’en travaillant comme une seule équipe, cela se poursuivra pour les années à venir.»

La conclusion de la nouvelle convention collective survient alors que les négociateurs du Canada, des États-Unis et du Mexique discutent de l’avenir de l’Accord sur le libre-échange nord-américain (ALÉNA), pour lequel les États-Unis demandent d’importantes concessions à ses partenaires.

Les Américains veulent notamment que toutes les voitures soient composées de 85 pour cent de contenu nord-américain pour éviter d’être soumises à un tarif. Actuellement, la proportion requise est de 62,5 pour cent. Pas moins de 50 pour cent du contenu des voitures devrait provenir des États-Unis, et la liste des pièces soumises à ce calcul serait mise à jour pour inclure des pièces qui n’existaient pas lors de l’entrée en vigueur de l’ALÉNA original, en 1994.