Les télécoms devront s’entraider en situation d’urgence

OTTAWA — Le ministre de l’Industrie, François-Philippe Champagne, a demandé aux entreprises de télécommunications de s’entendre dans les 60 jours sur l’itinérance en situation d’urgence, l’entraide lors des pannes et un protocole de communication pour mieux informer les Canadiens et les autorités en cas d’urgence.

Il dit également que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) enquêtera sur la panne de Rogers.

M. Champagne en a fait l’annonce sur Twitter aujourd’hui après une réunion avec les dirigeants des principales entreprises de télécommunications du pays, à la suite de la panne massive du réseau de Rogers de la fin de la semaine dernière.

L’objectif de la réunion était «d’exiger qu’ils prennent des mesures immédiates pour améliorer la résilience et la fiabilité de nos réseaux», a-t-il déclaré.

L’itinérance d’urgence donnerait aux clients la possibilité de passer à un autre opérateur en cas de panne.

«Cela ressemble beaucoup à ce que la Federal Communications Commission a fait aux États-Unis», a expliqué M. Champagne lors d’une téléconférence avec des journalistes lundi.

Le ministre a déclaré que la panne était «inacceptable» et que son annonce ne représente qu’un «premier pas» de son gouvernement, car les Canadiens mériteraient mieux de la part de leurs fournisseurs en ce qui a trait à la qualité et la fiabilité du service. 

Il a déploré que la panne «a affecté les gens partout au pays, les services d’urgence, les petites et moyennes entreprises et les systèmes de paiement.»

M. Champagne a dit qu’il veillera à ce que les entreprises répondent aux normes élevées auxquelles les Canadiens s’attendent, notamment en améliorant la concurrence, l’innovation et l’abordabilité. 

Il n’a toutefois pas précisé si la panne entraînera de nouvelles politiques pour promouvoir la concurrence dans l’industrie des télécommunications.

Keldon Bester, membre du Center for International Governance Innovation et cofondateur du Canadian Anti-Monopoly Project, a mentionné que la panne met en évidence la nécessité d’une plus grande concurrence dans les télécommunications canadiennes.

Selon lui, bien que l’augmentation de la concurrence soit la voie d’action la plus cruciale, il précise qu’il existe d’autres politiques qui peuvent aider à atténuer l’impact des pannes, notamment en autorisant l’itinérance d’urgence et en répondant aux exigences d’exclusivité des copropriétés.

Un porte-parole de Rogers a déclaré dans un communiqué avant la réunion de lundi que la société et d’autres pairs de l’industrie rencontreront M. Champagne «pour discuter de l’augmentation de la résilience du réseau de télécommunications du Canada».

«Nous appuyons les initiatives qui renforcent davantage l’infrastructure essentielle des télécommunications du Canada.»

M. Champagne a indiqué qu’il y avait unanimité parmi toutes les entreprises sur la nécessité d’un changement. «Tout le monde a reconnu que c’était inacceptable, que nous devions travailler ensemble pour une meilleure fiabilité et qualité, et il y a certainement une volonté d’apprendre les uns des autres», a-t-il fait savoir. 

Des explications publiques demandées

La panne généralisée du service Rogers a commencé vendredi matin et a duré au moins 15 heures.

Le PDG de Rogers, Tony Staffieri, a attribué la panne à une défaillance du système réseau après une mise à jour de maintenance. 

Certains clients ont signalé des interruptions de service s’étendant jusqu’à dimanche, et Rogers a publié une déclaration reconnaissant que certains subissaient toujours des interruptions de service qualifiées d’intermittentes.

Dans un communiqué, le porte-parole en matière d’innovation, sciences et industrie, Gérard Deltell, a déclaré que les Canadiens devraient obtenir des explications sur ce qui s’est passé ainsi que sur les mesures prises pour s’assurer que ce genre de panne ne se reproduise plus.

«Rogers et les responsables du gouvernement doivent répondre publiquement à ces questions», soutient M. Deltell.

Le Nouveau parti démocratique (NPD) a demandé aux libéraux et au CRTC de lancer une enquête officielle sur la panne de Rogers.

«La rencontre entre le ministre Champagne et Rogers en tant que priorité absolue montre que les libéraux sont déterminés à protéger les profits des géants des télécommunications au lieu d’aider les Canadiens», a dit le chef du NPD Jagmeet Singh dans un communiqué avant l’annonce du ministre.

M. Singh a affirmé qu’il «envisageait» de faire comparaître Rogers, Interac et le ministre Champagne en comité pour faire la lumière sur ce qui s’est passé et s’assurer que cela n’arrive pas de nouveau. 

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