Marie-Claude Nichols refuse de réintégrer le caucus du PLQ

QUÉBEC — Nouveau revers pour la cheffe libérale, Dominique Anglade: la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, a refusé mardi l’offre qui lui avait été faite la veille de réintégrer le caucus libéral.

Après 24 heures de réflexion suivant une rencontre avec Mme Anglade, Mme Nichols a tranché: il n’est pas question qu’elle revienne dans le giron libéral, car le lien de confiance envers son ancienne cheffe a été «fortement ébranlé» depuis son expulsion du caucus jeudi dernier.

La rupture entre les deux élues est donc confirmée et semble irrévocable.

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) a réagi en fin de journée par une brève déclaration écrite, en affirmant prendre acte de la décision de l’élue de Vaudreuil. Elle a ajouté que «la porte reste ouverte» à son retour éventuel dans l’équipe de l’opposition officielle.

Mme Nichols, qui dit demeurer attachée aux valeurs libérales, a transmis sa réponse par courriel aux membres du caucus de l’opposition officielle mardi midi. Depuis le début de la crise, elle se tient loin des médias et refuse toutes les demandes d’entrevue.

Dans son message aux libéraux, elle critique sévèrement le style de leadership de Mme Anglade, soutenant ne pas vouloir être «la bouée de sauvetage d’un leadership qui s’égare dans des décisions inexpliquées, irréfléchies et précipitées».

Lundi, se disant à la recherche d’une «voie de passage», Mme Anglade avait fait le tour des médias pour affirmer qu’elle avait rencontré plus tôt la députée exclue dans le but de lui «tendre la main» et de l’inviter à revenir dans l’équipe qu’elle dirige. Elle n’a pas dit si elle avait posé ses conditions à un retour éventuel.

Jeudi dernier, le discours était totalement différent: Mme Nichols était expulsée du caucus, considérant qu’elle n’était pas une «joueuse d’équipe», selon le président du caucus, le député Enrico Ciccone. On lui reprochait d’avoir refusé les rôles proposés par la cheffe dans l’équipe des porte-parole, au moment de la composition du cabinet-fantôme. Mme Nichols souhaitait un poste de vice-présidente de l’Assemblée nationale, qui lui a été refusé. Mme Anglade lui a plutôt offert d’être porte-parole dans le secteur des transports, ce que la députée a décliné, préférant ne jouer aucun rôle dans l’opposition officielle, une position qui a mis le feu aux poudres et provoqué son expulsion immédiate.

La décision, considérée par d’aucuns complètement démesurée, avait aussitôt soulevé un tollé et entraîné la réprobation publique de nombreux libéraux, dont plusieurs anciens députés et ministres qui n’hésitaient pas à conclure que le leadership de la cheffe en sortirait ébranlé.

Constatant la crise qui frappait son parti, Mme Anglade a donc choisi au cours des derniers jours de revenir sur sa décision et de tenter de se rapprocher de la députée, qu’elle avait répudiée quelques jours plus tôt. Mais le mal était fait. La députée de Vaudreuil, réélue sous la bannière libérale pour un troisième mandat le 3 octobre, siégera donc à l’Assemblée nationale en tant que députée indépendante. 

Lundi, Mme Anglade avait réaffirmé que Mme Nichols n’aurait pas le poste à la vice-présidence de l’Assemblée nationale réservé à l’opposition officielle qu’elle convoitait, confirmant du même coup qu’il reviendrait au député de Viau, Frantz Benjamin, qui est demeuré muet, loin des médias, depuis le début de la crise.

Le caucus libéral compte donc désormais 20 députés, au lieu des 21 élus le 3 octobre.

Le nouveau président du caucus, Enrico Ciccone, qui a joué un rôle certain dans ce cafouillage, est resté muet lui aussi depuis jeudi, refusant toute demande d’entrevue. Lundi, la cheffe lui avait réaffirmé sa confiance.

Dans sa brève déclaration, Mme Anglade affirme qu’il est désormais temps pour son caucus de se concentrer sur la préparation de la rentrée parlementaire, le 29 novembre.

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