Le taux de chômage canadien a légèrement reculé à 5,1 % en novembre

OTTAWA — Le taux de chômage au Canada se maintient près de creux historiques, malgré les hausses de taux d’intérêt opérées par la Banque du Canada pour ralentir l’économie et étouffer l’inflation. 

Selon Statistique Canada, l’emploi a peu changé en novembre, le marché du travail ayant enregistré un modeste gain net de 10 000 emplois. 

Dans sa dernière enquête sur la population active, l’agence fédérale a indiqué que le taux de chômage au Canada était de 5,1 % le mois dernier, comparativement à 5,2 % en octobre. 

«La caractéristique principale du rapport d’aujourd’hui était que l’on continue à gagner des emplois au Canada», a souligné vendredi le directeur des études économiques de la Banque TD, James Orlando. 

«Simplement en additionnant le nombre d’emplois gagnés (en) novembre et en octobre, c’est assez substantiel.» 

En octobre, l’économie avait accueilli 108 000 nouveaux travailleurs, prenant les prévisionnistes par surprise avec une forte croissance de l’emploi. 

L’emploi a augmenté dans plusieurs industries en novembre, dont la finance, les assurances, les services immobiliers et les services de location et de location à bail, la fabrication, l’information et la culture et les loisirs, tandis qu’il a diminué dans la construction ainsi que dans le commerce de gros et de détail. 

Statistique Canada a également noté dans son rapport que le taux d’emploi chez les femmes âgées de 25 à 54 ans, soit le principal groupe d’âge, avait atteint 81,6 % en novembre, un record dans les données comparables remontant à 1976. 

Le marché du travail canadien est demeuré remarquablement vigoureux malgré les signes de ralentissement économique. Le taux de chômage est tombé à un creux record de 4,9 % au cours de l’été et n’a augmenté que légèrement depuis. 

«L’économie se porte clairement toujours très bien. Quand on regarde le marché du travail, on n’a pas vu de ralentissement», a souligné M. Orlando. 

Le directeur du Center for Future Work, Jim Stanford, a noté que le taux de chômage au Canada était assez bas par rapport aux normes historiques. Dans le même temps, a-t-il souligné, il est difficile d’évaluer où se dirige le marché du travail. 

«Nous avons eu plusieurs mois de rapports très faibles tout au long de l’été et du début de l’automne, puis nous avons eu un rapport très réussi en octobre. Et maintenant, nous renouons en quelque sorte avec des données qui font du surplace», a-t-il affirmé. 

Les salaires ont continué de croître en octobre, mais à une cadence inférieure à celle de l’inflation. 

En novembre, les salaires ont augmenté de 5,6 % par rapport à il y a un an, enregistrant un sixième mois consécutif de croissance annuelle supérieure à 5,0 %. En octobre, l’inflation annuelle était de 6,9 %. 

Un chômage trop faible pour l’inflation? 

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a déjà qualifié le faible taux de chômage du Canada d’insoutenable et a fait valoir qu’il contribuait à la forte inflation. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a déjà qualifié le faible taux de chômage du Canada d’insoutenable et a fait valoir qu’il contribuait à la forte inflation. 

«Pour ceux qui pensaient que le taux de chômage était déjà trop bas, le chiffre d’aujourd’hui est une mauvaise nouvelle», a affirmé M. Stanford.

La banque centrale espère voir le marché du travail se détendre en réponse à ses hausses dynamiques des taux d’intérêt cette année. 

Des recherches récentes de la Banque du Canada suggèrent qu’elle croit qu’elle peut faire diminuer l’inflation sans provoquer une forte augmentation du chômage. 

M. Stanford critique l’affirmation de la Banque du Canada voulant qu’un marché du travail tendu soit responsable de l’inflation, puisque les salaires réels ont chuté. 

«Il est, je pense, mathématiquement impossible de dire que les salaires sont la source de l’inflation», a-t-il fait valoir. 

La banque centrale a commencé à relever son taux d’intérêt directeur en mars, lorsqu’elle a procédé à la première de six hausses consécutives, et devrait procéder à une autre augmentation de ce taux la semaine prochaine. 

Alors que la Banque du Canada approche de la fin du cycle de resserrement de sa politique monétaire, les marchés seront à l’affût, la semaine prochaine, de toute indication au sujet de la possibilité de voir une autre hausse de taux en janvier. 

M. Orlando a estimé que le rapport sur l’emploi de vendredi soutenait la prévision d’une nouvelle hausse d’un demi-point de pourcentage la semaine prochaine, en plus de laisser la porte ouverte à une autre hausse des taux en janvier. 

«Je ne pense pas que d’ici janvier, il y aura de suffisamment de données pour se convaincre que l’économie a suffisamment changé de trajectoire», a-t-il estimé. 

«Donc, nous verrons probablement le taux directeur atteindre environ 4,5 % (au) début de 2023.» 

Creux record au Québec 

Au Québec, le taux de chômage s’est établi à un nouveau creux record de 3,8 % en novembre. L’agence fédérale a précisé que l’emploi y avait enregistré un gain net de 28 000 emplois en novembre, ou de 0,6 %. 

Les gains se sont concentrés dans la région de Montréal, où l’emploi a augmenté de 1,1 % et où le taux de chômage est resté inchangé à 4,2 %. 

L’emploi en Ontario a peu varié en novembre. Le taux de chômage a reculé de 0,4 point de pourcentage pour s’établir à 5,5 %. 

Le taux de chômage néo-brunswickois est passé de 6,7 % à 7,3 % d’octobre à novembre. Pendant la même période, il a bondi à 6,2 % à l’Île-du-Prince-Édouard, par rapport à 4,9 % en octobre, mais il a reculé à 6,0 % en Nouvelle-Écosse, comparativement à 6,7 % le mois précédent. 

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