Allégations d’agressions sexuelles à l’Université Western: manifestation vendredi

Les étudiants de l’Université Western, en Ontario, seront invités à sortir de leur salle de cours, vendredi midi, pour dénoncer ce que les organisatrices qualifient de «culture de la misogynie» sur le campus et l’inertie de la direction.

On a appris cette semaine que la Police de London enquêtait sur de nombreuses allégations d’agressions sexuelles qui auraient été commises pendant la «semaine d’orientation» à l’université. 

L’organisatrice de la manifestation de vendredi, Hayden Van Neck, une étudiante de troisième année en psychologie, a déclaré jeudi que la consommation excessive d’alcool pendant les «partys» et le comportement agressif envers les femmes, en général, ont été des problèmes récurrents, à l’échelle du campus, pendant tout son séjour à l’université.

«Il y a cette culture de misogynie et d’homophobie, des problèmes sous-jacents sur le campus, qui permettent à des événements comme ceux-là de se produire, a estimé Mme Van Neck en entrevue. Il y a eu beaucoup de violence la semaine dernière, et je pense que nous avons besoin de réels changements pour empêcher que ça se reproduise.»

Elle et une vingtaine d’autres étudiantes ont donc organisé cette manifestation au cours de laquelle plusieurs survivantes d’agressions sexuelles prendront la parole, lorsque les étudiants quitteront leur salle de cours à midi vendredi.  

La police enquête

L’Université Western et la Police de London ont déclaré que quatre femmes avaient déposé des plaintes formelles d’agression sexuelle sur le campus ces derniers jours.

La police a aussi déclaré qu’elle avait ouvert des enquêtes concernant des allégations, sur les réseaux sociaux, de jeunes femmes qui auraient été droguées et agressées sexuellement, pendant la semaine d’orientation, à la résidence pour étudiants Medway-Sydenham Hall, sur le campus de Western. La police a toutefois souligné que personne n’avait encore déposé de plainte officielle en rapport avec ces allégations.

Les autorités de l’Université Western assurent qu’elles prennent toutes ces allégations au sérieux et rappellent qu’elles offrent une grande variété de soutien aux étudiantes.

Ces allégations surviennent alors qu’un étudiant de Western, âgé de 18 ans, est décédé en fin de semaine après avoir été agressé près du campus. Un homme de 21 ans a été accusé d’homicide involontaire; selon la direction de Western, il ne fréquentait pas cette université.

Le groupe qui planifie la manifestation de vendredi a lancé plusieurs appels à l’action, notamment en demandant à l’université de préparer et de mettre immédiatement en œuvre «des modules de formation cohérents et obligatoires sur l’éducation à la violence sexuelle et la violence basée sur le genre». Les étudiants demandent également à l’université de clarifier le mécanisme de signalement des violences sexuelles, qui prête à confusion, selon Mme Van Neck.

Le groupe demande en outre au ministère provincial des Collèges et Universités de mener une enquête sur les politiques de l’établissement en matière de violence sexiste, affirmant qu’elles «ne protègent pas les étudiants».

La direction de Western n’a pas immédiatement répondu à une demande pour commenter la situation.

L’alcool et les prédateurs 

Annalise Trudell, responsable de l’éducation, de la formation et de la recherche au refuge pour violence sexiste Anova, à London, travaille auprès d’étudiants de Western. 

Elle rappelle que «la majorité des agressions sexuelles dans cette tranche d’âge impliquent la consommation d’alcool», mais elle souligne aussi «qu’il ne s’agit pas seulement de saouler une victime potentielle pour la rendre plus vulnérable».

«Les recherches nous démontrent que la consommation d’alcool signifie que les hommes sont en fait plus susceptibles d’être excités par la dissuasion et irrités par le rejet. Cela modifie donc leur comportement, qui devient plus prédateur.»

Les jeunes hommes ont également tendance à ignorer le comportement prédateur d’autres gars, a-t-elle expliqué. 

Selon un sondage mené en 2018 auprès d’étudiants de niveau postsecondaire en Ontario, un étudiant de Western sur trois a indiqué avoir été agressé sexuellement au cours des 12 mois précédents. Plus de 8000 étudiants de Western avaient répondu au sondage.

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